Des futures méga-centrales photovoltaïques à Cressensac-Sarrazac ?

Durant l’été, et au fil de ses investigations, le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac a découvert de nouveaux projets de méga-centrale photovoltaïque sur la commune.  Les citoyens dénoncent l’accaparement des terres au profit de l’industrie photovoltaïque et au détriment de la biodiversité.

Quand un projet peut en cacher d’autres

Les recherches du collectif portent maintenant au nombre de 4 les projets recensés sur la commune. Ces installations s’ajouteraient à la centrale photovoltaïque sur terres agricoles de 23 ha de Sarrazac, en service depuis 2014.

En voici la liste :

  1. Deux projets de centrales agrivoltaïques portés par l’industriel allemand EnergieKontor : 4 ha et 8 ha (surface revue à la baisse) – secteur du Colombier – En cours d’étude d’impact
  2. Un projet de parc photovoltaïque sur terres naturelles de 45 ha, propriété du Syndicat mixte de l’aéroport, parcelles classées en zone Ner (zone naturelle définie pour accueillir la production d’énergie renouvelable) dans le nouveau PLUIH – signature avec opérateur en septembre 2025
  3. Un projet d’installation agrivoltaïque sur une zone d’environ 100 ha – secteur gare de Gignac-Cressensac – promesse de bail signée entre un industriel (non identifié) et plusieurs agriculteurs
  4. Un projet d’installation photovoltaïque portée par Solarvia, sur un délaissé autoroutier de 0,8 ha  propriété de Vinci – au Pech Montat- Projet en cours d’instruction

Lorsque les citoyens ont interpellé le maire, Habib Fenni, pour avoir des informations celui-ci s’est retranché derrière le fait que ce sont des projets privés et que la compétence en matière d’urbanisme revient à la communauté de commune Cauvaldor.  Et pourtant, il avait étroitement collaborée avec la société Photosol (propriété du groupe pétrolier Rubis dont Dassault et Bolloré sont actionnaires), pour la création de la centrale de Sarrazac dont il était maire avant la fusion des deux communes. La situation était la même : un contrat passé entre un industriel de l’énergie et des agriculteurs propriétaires des terres.

Concernant le projets de 45 ha au sud de l’aéroport, le collectif découvre aussi que suite à appel à manifestation d’intérêt, le syndicat mixte qui gère l’aéroport a constitué en janvier 2025 un comité de sélection de l’opérateur d’énergie dont Monsieur Habib Fenni fait partie.

Compte tenu de l’ampleur des projets, le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac a demandé (jusqu’à ce jour sans succès) que la mairie communique publiquement sur le sujet et qu’elle consulte la population avant de se positionner.

L’agriculture paysanne menacée

La loi d’accélération de la production d’énergie renouvelable (APER) a ouvert la porte aux intérêts privés de l’industrie solaire au détriment de l’intérêt général en introduisant l’agrivoltaïsme, cette nouvelle branche de l’agro-industrie. Si les membres du collectif se lèvent contre ces projets, c’est qu’ils y voient non seulement une menace contre la biodiversité et leur cadre de vie mais aussi contre l’autonomie des paysans. En effet, les contrats promettant un « avenir radieux » aux agriculteurs, donnent en fait tout pouvoir aux opérateurs d’énergie (dépendance sur les cultures, sur les choix de production, quasi impossibilité de sortir du contrat…). Cette situation entraîne également une hausse du foncier agricole qui dissuade les jeunes agriculteurs de s’installer. De leur côté, les collectivités en baisse de moyens appuient souvent ces projets car les énergéticiens leur garantissent une rente annuelle. Cressensac n’est pas un cas d’espèce, nombre de départements français sont littéralement pris d’assaut par ces « marchands de soleil ».

Respect du vivant et de la terre nourricière

Le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac plaide pour que les terres agricoles se maintiennent au service d’une agriculture nourricière respectueuse du vivant. La terre est avant tout un bien commun et un titre de propriété engage une responsabilité, celle d’en prendre soin pour les générations futures. Pour l’Office Français de la Biodiversité (OFD) le constat est sans appel: « la création d’un microclimat sous les panneaux en phase d’exploitation a des incidences sur les propriétés des sols. Elles peuvent affecter plusieurs de leurs fonctions écologiques, notamment leur capacité à stocker et à infiltrer l’eau, à héberger de la biodiversité et à séquestrer du carbone ». Pour un chercheur-entomologiste contacté par le collectif : « un champs de panneaux solaires représentent un couloir de biodiversité interrompu de manière irréparable ».

Le collectif citoyen appelle donc au respect des préconisations du Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) qui affirme qu’il n’est pas nécessaire de raser des forêts, d’artificialiser des prairies ou de détruire des zones humides pour implanter des centrales photovoltaïques. D’ailleurs, l’ADEME a recensé un potentiel d’installations photovoltaïques sur des surfaces artificialisées (toitures, parkings, zones d’activité, friches industrielles…) quatre fois supérieur aux objectifs que se fixe l’Etat français pour 2050.

Le collectif rappelle  que cette transition n’a en réalité rien d’écologique car l’essentiel de la production de panneaux est réalisée en Chine à partir d’énergies carbonées (le passage du quartz au silicium monocristallin, constitutif de 40% des panneaux, entraîne la consommation de 11 192,5 Kwh /tonne de produit fini). Il rejette également la vision d’une « transition écologique allant vers une société de surconsommation ultra-connectée » (extrait d’une tribune de 300 organisations ICI).

Du bon sens

Le collectif a débuté le porte-à-porte auprès de la population cressensacoise pour l’informer sur les projets en cours. Les habitants rencontrés ont été surpris de découvrir ces projets et ont exprimé leurs inquiétudes face au sombre tableau. Les membres du collectif ont recueilli beaucoup de propos de bon sens comme ceux-ci: « Nous sommes traversés par l’autoroute A20 et nous avons l’aéroport, avec la multiplication des centrales photovoltaïques notre commune va devenir un territoire sacrifié ! » ou encore « A la campagne, on n’a plus de médecin, plus de service publique alors si en plus on nous détruit notre cadre de vie, nos paysages, qu’est-ce qu’il va nous rester ? ».

Ils ont aussi entendu : « On a déjà la centrale de Sarrazac. Ça suffit ! En ville, on ré-végétalise pour faire baisser la température et ici on industrialise les terres contre le réchauffement climatique, le monde marche sur la tête ! » et enfin « Cette électricité produite, elle est pas consommée ici, elle part dans le réseau et elle profite aux grandes villes très consommatrices. Elles s’éclairent sur le dos de nos campagnes qui semblent ne pas avoir beaucoup de valeur aux yeux de l’État et des industriels « . Ce porte-à-porte a été l’occasion pour bon nombre de gens de rejoindre le collectif.

Un été en résistance, des actions à venir

Pour faire connaître sa lutte, le collectif a participé à la tenue de stands lors de plusieurs événements, à commencer par la Fête des Agités à l’Oasis des âges en Corrèze. Il a ensuite été invité sur le stand d’ATTAC 46 au festival Ecaussystème avant d’être présent à Cénevières à La fête Locale sans Total pour soutenir l’Association Environnementale Lot-Célé (voir notre article sur l’appel à mobilisation de l’AELC du 29/08/2025).

Le collectif a rejoint le Réseau des Résistances et Alternatives Lotoises (RRAL) constitué d’associations et de collectifs indépendants dont l’objectif commun est de s’opposer aux projets destructeurs dans le Lot et de chercher à construire un futur désirable. Le réseau impulse une dynamique d’entraide et de solidarité entre les groupes répartis à travers tout le département.

Stop Agrivoltaïque Cressensac développe aussi son site web en partenariat avec l’association Citoyliens que la plateforme hébergera. Ce site doit permettre au collectif d’informer sur l’évolution des projets auxquels il s’oppose, de communiquer sur ses actions à venir mais également de mettre à disposition des documents ressources sur le photovoltaïque sur sols naturels. Toutes ces initiatives ont permis de faire grossir les rangs du collectif citoyen de Cressensac, fier de compter à ce jour plus de 250 membres sympathisants.

Le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac est partenaire de la projection en avant-première du film « Le Vivant qui se défend » de Vincent Verzat qui sera diffusé le 9 septembre au cinéma REX de Brive et le 16 septembre au VEO de Tulle à 20h (voir notre article précédent). Il interviendra après la projection lors des échanges ave le public.

En partenariat avec ATTAC 46, le collectif organisera également une projection du film au cinéma Le Paris de Souillac le 17 d’octobre.

Enfin, le collectif citoyen proposera une réunion publique d’information suivie d’un débat démocratique sur les projets de centrales photovoltaïques au sol sur la commune, le 11 octobre à 11 h à la salle des fêtes de Cressensac.

Pour contacter le collectif :

info@stop-agrivolt-cressensac.fr

www.stop-agrivolt-cressensac.fr

 

Le film « Le Vivant qui se défend » au REX de Brive et au VEO de Tulle

Le film de Vincent Verzat « LE VIVANT QUI SE DÉFEND » est programmé à BRIVE et à TULLE en avant première dans le cadre d’une tournée nationale. Ces projections-débats sont organisées par la LPO Limousin (Ligue pour la Protection des Oiseaux).

Avant de produire un film de haute qualité pour le cinéma, le journaliste et vidéaste Vincent Verzat a créé en 2015, la chaîne YouTube « Partager c’est sympa » (310 000 abonnés). Avec plus de 18 millions de vues cumulées, ses vidéos couvrent les mobilisations écologiques et invitent les spectateurs à agir concrètement. Depuis 2021, il se passionne pour l’observation de la faune sauvage.

Le film retrace le cheminement du réalisateur, entre militantisme et naturalisme, pour connaître plus en profondeur cette nature que les luttes locales défendent, et ainsi donner un sens au combat engagé. Récit personnel et sensible, il invite à l’action autant qu’à la contemplation. Le film est co-produit par la LPO, France Nature Environnement et Terres de Luttes.

« Le VIVANT QUI SE DÉFEND est un tissage subtil et sensible entre deux mondes : celui des naturalistes passionnés de la nature, et celui des militant.e.s qui se battent près de chez eux pour la préserver. En 1h30, Vincent multiplie les allers-retours entre ces mondes et nous transmet avec une redoutable efficacité son amour pour les autres animaux que nous et sa rage contre ceux qui les détruisent. On en sort avec une grande envie de balades en forêt ou de manif, ou les deux, tout naturellement !! »         Victor Vauquois, porte-parole de Terres de Luttes

Plusieurs associations autour du développement durable seront réunies pour animer les temps d’échanges : LPO Corrèze, Zéro Déchet Brive, Corrèze Environnement, Citoyliens, Fridays For Future, Jardin Sauvage, Stop Agrivoltaïque Cressensac.

Appel à mobilisation de l’Association Environnementale Lot-Célé

L’Association Environnementale Lot-Célé (AELC) se mobilise ce dimanche 31 août. Elle organise une grande manifestation au départ de la salle des fêtes de Tour-de-Faure à 11 h pour rejoindre la plage de Saint-Cirq-Lapopie. Cette marche festive sera précédée d’un tractage au rond-point de Tour-de-Faure à 10 h.

Rappelons que depuis plus de deux ans, l’AELC s’oppose au projet industriel de centrale photovoltaïque de TotalEnergies à Tour de Faure, lieu dit Le Carteyrou, imposé contre l’avis défavorable du Parc Naturel Régional des Causses du Quercy, de la MRAE, du Département du Lot, de nombreux élu.es des communes alentours et de la population. A ce jour, le recours sur le permis de construire a été débouté en cassation et le délibéré de la cour de cassation sur le permis de défrichement devrait être rendu courant septembre

A partir du lundi 1er septembre, l’AELC va poursuivre son action par une présence marquée au bord de la route qui mène au site convoité par Total (au croisement de la D662, route des places, direction Cahors avant le tunnel).

Défrichement imminent 

Légalement, le défrichement de 20 ha de bois et de pelouses sèches peut commencer au 1er septembre 2025 malgré les recours en justice qui ne sont pas suspensifs. L’AELC avec le soutien de la Ligue pour la Protection des Oiseaux en Occitanie, la Société Herpétologique de France et Nature en Occitanie, a déposé une injonction vers la Préfète du Lot pour qu’elle exige de TotalEnergies le dépôt d’une demande de dérogation espèces protégées.

L’AELC exige de l’État la suspension de tous travaux de réalisation du projet dans l’attente de la régularisation du dossier, ainsi qu’un rendez-vous avec la Préfète avant le 28 septembre, date d’échéance du délai imparti pour la réponse à ladite injonction.

Relais scientifique et médiatique

L’association rajoute : « Le mois d’août 2025 vient de rappeler à tous à quel point l’ombre des arbres est essentielle. Il faudrait en couper pour faire de l’énergie verte ? Non, c’est non ! L’association, consciente d’une nécessaire transition énergétique, préconise l’utilisation d’espaces déjà artificialisés, la création de petits parcs citoyens, les toitures pour l’installation de panneaux. Le photovoltaïque c’est  »Sur les toits, pas dans les bois ». »

Ces propos de bon sens expliquent le nombre important des adhérents de l’association et ses soutiens scientifiques, médiatiques (au plan national) et politiques dont 13 communes voisines du site menacé et le . Enfin, cette démarche est largement soutenue par le Parc naturel régional des Causses du Quercy depuis le début de la lutte en 2023.

Pour exprimer ses revendications et porter sa voix, l’AELC appelle toutes les citoyennes et citoyens à :
LA MANIFESTATION POUR LE VIVANT
Le 31 août 2025 à 11h
RDV à la Salle des Fêtes de TOUR-DE-FAURE

Plus d’informations sur le site de l’AELC: https://solairelot.fr/