Le vendredi 20 février s’est déroulée à Gignac, la première réunion publique de l’unique liste de candidats aux élections municipales sur la commune. Une situation qui interroge: comment faire vivre notre démocratie locale quand les électeurs n’ont pas le choix entre deux listes ?
Gignac n’est pas un cas isolé: plus de deux tiers des communes françaises n’ont qu’une seule liste en compétition aux élections municipales de 2026. Pour Martial Foucault, politologue et professeur et à Sciences Po, cela représente un risque pour le pluralisme démocratique. Ce n’est pas le sujet central de ce papier mais cela soulève une question: à force de gouverner en cercle fermé sans solliciter la participation citoyenne, n’est-il pas logique que les citoyens perdent le goût de la chose publique et s’éloignent de la vie politique de leur commune ?
La première réunion publique de « Tous unis pour Gignac » a permis aux candidats de se présenter, de dresser un bilan des réalisations du mandat qui s’achève et une brève présentation des projets. Le deuxième temps a été consacré aux questions du public.
Quelles réponses au sujet du photovoltaïque au sol ?
Nous sommes restés dubitatifs face aux réponses apportées à nos questions par le conseiller communautaire, François Moinet. Rappelons le contexte: CAUVALDOR a défini sa politique en matière d’installations photovoltaïques au sol à travers des outils réglementaires comme sa Charte Solaire Photovoltaïque ou son PLUIH. Ces règlements ont été approuvés par le vote de l’ensemble des conseillers communautaires.
Le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac qui est opposé aux centrales photovoltaïques sur sols naturels, agricoles et forestiers et favorables aux installations sur sol artificiel (voir l’article ICI) a rappelé lors de cette réunion que la Charte de CAUVALDOR approuve les installations jusqu’à 20 ha (au lieu de 8ha dans le Figacois) et que le nouveau PLUIH a institué 717 ha de zone Ner (zone naturelle définie pour accueillir la production d’énergie renouvelable). Inquiet face à la déferlante des projets photovoltaïques au sol sur la communauté de commune, le collectif a interpellé François Moinet à ce sujet. La réponse de celui-ci a été: « Après le projet de Viroulou et celui de l’aéroport, il n’y aura pas d’autre projet sur le territoire de Cauvaldor ». Notons au passage que le projet de Viroulou a une emprise de 51 ha et que celui de l’aéroport s’inscrit dans une zone Ner de 45 ha. Dans les deux cas, la limite de 20 ha fixée par la Charte est largement dépassée.
Quid des projets autorisés, en instruction ou à l’étude ?
Cette réponse du conseiller communautaire, nous amène à la réflexion suivante: pourquoi classer 717 ha en zone Ner si l’ambition de CAUVALDOR se résume à ces deux projets ?
De plus, notre recensement des projets établi à partir de sources officielles (voir tableaux ci-dessous), nous a permis d’identifier (en plus des deux projets cités plus haut) 8 projets déjà autorisés, 10 projets en instruction (demande de permis de construire déjà déposée) et 12 projets à l’étude (sans compter les projets en prospection connus de la DDT). Quant aux parcs déjà en fonctionnement, ils sont au nombre de 6. Parmi ces projets et installations, 227 ha se trouvent en zone Ner. Il reste donc 490 ha d’espaces naturels classés zone Ner donc qui seront prioritairement dédiés à des installations photovoltaïques. Autrement dit les propos du conseiller communautaire qui se voulaient « rassurants » n’apparaissent en rien réalistes.
La liste « Tous Unis pour Gignac » a programmé une deuxième réunion publique le vendredi 13 mars à 20h30 en vue de détailler les projets pour les sept années à venir. A cette occasion, nous espérons obtenir des éclaircissements et compléments d’informations en matière de photovoltaïque au sol.
Collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac
Listes par statut des projets photovoltaïques sur sols naturels sur le territoire de CAUVALDOR






