Pétition du collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac

 

A Cressensac-Sarrazac, une méga-centrale photovoltaïque sur terres forestières et agricoles de 24 ha exploitée par Photosol (groupe RUBIS) est déjà en fonctionnement depuis 2014.

Aujourd’hui, c’est un projet  de centrale agrivoltaïque de 7,5 ha sur élevage ovin,  porté par la multinationale allemande EnergieKontor qui est en cours d’instruction par les services de la préfecture du Lot depuis le 23 février 2026 !

Le projet est situé au lieu-dit Le Colombier à proximité du château de Tersac, au sein d’une trame verte (corridor de biodiversité) établie par le Plan d’aménagement et de développement durable de la Communauté de communes CAUVALDOR, en bordure d’un chemin de randonnée.

Et ce n’est pas tout !

3 autres projets d’installation photovoltaïque sur sols vivants sont en marche sur la commune :

  • Au sud de l’aéroport Brive-Vallée-de-la-Dordogne, une zone de 45 ha, propriété du Syndicat mixte de l’aéroport, a été classée en zone Ner (zone naturelle définie pour accueillir la production d’énergie renouvelable) dans le nouveau PLUI-H. Un projet de centrale photovoltaïque sur sol naturel est à l’étude par le groupe Générale du Solaire.
  • Sur une ancienne aire de repos de la D820 en grande partie boisée, un projet de 3 ha est étudié par Leencoop.
  • Au lieu-dit Pech Montat, une autorisation a été délivrée à Solarvia (filiale du groupe Vinci) pour une centrale de 0,8 ha sur une prairie.

STOP ! Cressensac-Sarrazac ne doit pas être sacrifié pour les intérêts privés des industriels du photovoltaïque ! Leurs projets menacent terres agricoles, paysages et biodiversité.

Qu’il s’agisse du Lot où de la Corrèze, les projets se multiplient et la pression de développeurs met durement à l’épreuve la population locale. Derrière la promesse d’une transition énergétique, nous dénonçons le concept d’agrivoltaïsme, outil marketing visant à légitimer l’opportunisme financier de l’industrie solaire au détriment du vivant et aux dépens du monde paysan en difficulté.

Le collectif citoyen Stop Agrivoltaïque Cressensac a lancé une pétition contre le projet agrivoltaïque du Colombier et pour alerter la population et les élus sur l’accaparement des terres agricoles, naturelles et forestières par l’industrie photovoltaïque.

LIEN VERS LA PETITION

En signant cette pétition :

  • Vous ne vous vous opposez pas aux panneaux photovoltaïques sur les zones artificialisées (toitures, parkings, friches industrielles…).
  • Vous vous opposez à l’artificialisation des terres agricoles au détriment de la souveraineté alimentaire.
  • Vous plaidez pour que les terres agricoles se maintiennent au service d’une agriculture nourricière durable. En effet, la terre est avant tout un bien commun et un titre de propriété engage une responsabilité, celle d’en prendre soin pour les générations futures.
  • Vous défendez la biodiversité et la protection des espaces naturels qui contribuent à l’atténuation du changement climatique.
  • Vous vous opposez à une nouvelle « mer noire » sur les pâturages de la commune, à la dépréciation immobilière des biens alentours et au préjudice en matière de tourisme.
  • Vous contribuez à préserver le site naturel du lieu-dit Le Colombier, le cadre de vie des habitants du village, les paysages et l’environnement.

Pour contacter le collectif citoyen: info@stop-agrivolt-cressensac

Se rendre sur le site du collectif ICI

 

Festival Printemps Photorévolté les 12, 13 et 14 juin à Cajarc (Lot)

Pour mettre en lumière la colonisation des terres par l’industrie photovoltaïque, ouvrir un vrai débat sur nos besoins et nos choix énergétiques d’aujourd’hui, construire la résistance et ouvrir d’autres perspectives, plusieurs associations et collectifs s’associent pour organiser un évènement national 

Trois jours d’échanges, de réflexions, d’organisation, de découvertes et de fête pour construire un vrai projet de société, collectif, joyeux et vivant !

Organisé par : Coordination Nationale Photorévoltée, Confédération Paysanne Lot et Occitanie, Association Environnementale Lot-Célé (AELC), Stop Agrivoltaïque Cressensac, Causse Nature et Avenir, Libraithèque – le Droit à la Paresse, Librairie La Chamade, Sous les panneaux la rage et Vigilance OGM 46. 

AU PROGRAMME

* VENDREDI 12 JUIN *

SOIRÉE D’OUVERTURE

A partir de 18h

Apéro-concert suivi de la projection documentaire de «L’ombre des miroirs» création originale d’Isabelle Haelvoët

Documentaire dédié aux luttes contre les centrales photovoltaïques sur les terres agricoles et forestières. Suivit d’un débat.

* SAMEDI 13 JUIN *

 de 9h à 12h

 // AG INTER-LUTTES //

 

*ET DU VENDREDI SOIR AU DIMANCHE *

/// TABLES-RONDES ET RENCONTRES ///

 * Agriculture paysanne : luttes passées, présentes et futures *

Avec la participation de Laurence Marandola (ex-porte-parole nationale de la Confédération Paysanne), Christian Roqueirol et Sébastien Persec (Confédération Paysanne) et Jean-Philippe Martin (historien)

* Lutte contre les centrales photovoltaïques sur sols vivants *

Avec la participation de Sylvie Bitterlin et Clément Osé (co-auteurs du livre Les marchands de soleil, Elzéard Lure en résistance), Laurence Marandola,Loïc Santiago (Coordination Nationale Photorévoltée). Accompagnée d’extraits du livre de Laurine Roux, Le test Elzéard édité chez Julliard.

* Agriculture sous tension : l’omerta française. Élevage, centrales photovoltaïques et électromagnétisme *

Avec la participation de François Dufour (co-fondateur d’ATTAC), Nathalie Barbe (journaliste) et Jean-Claude Olivier (agriculteur).

* Soirée autour de l’écoféminisme : origines et avenirs *

Intervention de David Dufresne. Présentation de son livre Remember Fesseinheim. Enquête intime sur Françoise d’Eaubonne, pionnière écoféministe et impossible grand-mère.

Suivie de la projection de « Ni les femmes ni la terre », de Marine Allard, Lucie Assemat et Coline Dhaussy, et d’un temps d’échanges avec Josie Riffaud (Commission femmes de la Confédération paysanne et ex-déléguée européenne au Comité de coordination de Via Campesina), et Sarah Bellini (boulangère, membre du collectif « travailleuses de la terre » en Aveyron), parlant de leur expérience concrète et de leur rapport à l’ecoféminisme.

* Débat citoyen, Énergie : la démocratie en question *

Animé par Pierre Dufour (Confédération Paysanne du Lot), Caroline Erhardt (Stop agrivoltaïque Cressensac, GADEL) et Philippe Revel (Confédération Paysanne de la Corrèze). Avec le témoignage de Philippe Mompart (lotois membre de la convention citoyenne pour le climat) et en présence du Syndicat de la Montagne Limousine et de Cœur de Corrèze (Réseau Centrales Villageoises).

* Rencontre  Wild project, maison d’édition consacrée à l’écologie *

Avec la participation de Georgia Froman (éditrice et traductrice américaine). Extraits d’ouvrages lus par des comédien.ne.s.

* S’opposer au photovoltaïque destructeur de forêts – argumentaires et stratégies de lutte *

Avec la participation de Pierrot Pantel (juriste écologue de l’Association nationale pour la Biodiversité), Sylvie Bitterlin (Elzéard Lure en résistance), Eric Castex (gestionnaire forestier dans les Landes, animateur de l’association Alterlandes), Yann Clément (technicien forestier, membre de Forêts en Vie et du Réseau pour les Alternatives Forestières), Jacques Descarques (ancien secrétaire général de l’ONF, Forêts Vivantes Pyrénées, SOS Forêt national), Harold Benazet (Ecureuil, GNSA)

* Rencontre avec Catherine Zambon, autrice du livre Si j’étais un arbre *

L’autrice interviendra également auprès des élèves du Collège de Cajarc en amont du festival

//// PROJECTIONS-DÉBATS ////

* Entre écume et nuage d’Olivier Marin, avec la voix de François Morel

Entre la mer et les vastes étendues sauvages du nord, une faune emblématique disparue de la région au siècle dernier s’est réinstallée : le faucon pèlerin est revenu sur le fief de son ennemi ancestral, le grand corbeau (tout public et familial)

* L’usage du Monde, voyage entre nature et culture d’Agnès Fouilleux

Documentaire montrant la nécessité de transformer notre relation au vivant : sortir du rapport de domination pour faire de celui-ci un allié.

Et des projections documentaires en continu tout au long du week-end :

Vies non renouvelables, Nature ou misère de Francisco J. Vaquero

Femmes des terres, réalisé par 6 étudiant.e.s d’Agro Montpellier

Pas res nos arresta, collectif Amassada

La porte ouverte, d’Olivier Marin.

///// CONCERTS /////

John Peter Goodnight (Ritournelles intemporelles)

Roméo Boccara (Chanson française)

Swing Forty Six (Jazz manouche)

BLYND (Soul Pop)

Seyni & Yeliba (Yankadi Reggae from Guinéa)

Quo Vaï Bulhir (Rock alternatif)

DJ NI

Bal Trad’ et initiation chants et danses avec Gròlas

La Fanfare la Granja

La Chorale de la Rugissante

///// SPECTACLES /////

Cie CLAAP – La Tête dans le cube, volet #1 : incubation (Théâtre satirique)

Cie de l’Hyppoféroce – Rêves d’une poule ridicule (Marionnettes)

Cie L’Agit – Nous étions debout mais nous ne le savions pas (Théâtre d’intervention)

Cie Jupon – De l’Air ! (Cirque)

Strass belle cie – La Chambre 423 (Théâtre burlesque)

Arlette et Riri, clowns sociaux

///// LE CARNAVAL DU VIVANT /////

Manifestation carnavalesque accompagnée par

des chants, danses, percussions et…

la Chorale explosive de la Rugissante !

Venez costumé.es, masqué.es, sur le thème de la nature et du vivant !

//// VILLAGE ASSOCIATIF ET MARCHÉ ARTISANAL ////

Un village regroupant associations, collectifs et artisans prendra place devant l’ancienne gare. Défense de l’environnement, luttes écologistes, alternatives, artisanat original…

Venez  y découvrir une multitude d’initiatives !

Animations tout au long du week-end sur place : ateliers, musique, clowns…

Et aussi…

Des ateliers pour petits et grands

et des expositions !

Les jours et horaires détaillés dans le programme bientôt édité

Ciné-débat ATTAC 46 le 22 MAI à Souillac

Le documentaire de Raoul Peck, « Orwell 2+2=5 » est au programme du prochain ciné-débat ATTAC 46, le 22 mai à 20h au cinéma le Paris à Souillac. Un film passionnant qui revisite l’œuvre majeure de l’auteur de « 1984 » à l’aulne de notre présent.

« Orwell 2+2=5 » : le dernier projet de Raoul Peck explore la vie et surtout la pensée d’un George Orwell précurseur au regard des enjeux actuels d’information et de vérité ou encore de surveillance sociale que véhicule le dévoiement du discours politique et médiatique. Présenté au Festival de Cannes 2025 dans la section Cannes Première, Orwell : 2+2=5 est sorti le 25 février 2026.

Liste des projets photovoltaïques sur sol vivant sur le territoire de CAUVALDOR

Le groupe cartographie du Réseau des Résistances et Alternatives Lotois (RRAL), a identifié tous les projets de centrales photovoltaïques au sol sur le département du Lot en s’appuyant sur les données de la préfecture, visualisez la carte ICI.

A partir de ces travaux, le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac a recensé tous les projets de centrales photovoltaïques sur terres naturelles, agricoles et forestières sur le territoire de CAUVALDOR. Nous relayons ci-dessous le résultat de ce recensement.

Les projets sont répartis selon leur stade d’avancement: les parcs qui sont déjà en fonctionnement, les projets autorisés (ayant déjà obtenus le permis de construire), les projets en instruction (dont la demande permis à été déposée), les projets à l’étude (le développeur est en contact avec les services de la DDT de la préfecture).

Classement par statut des projets photovoltaïques sur sols naturels sur CAUVALDOR

2ème édition de la « Faites du vélo » à Souillac le 9 mai

Le collectif Partageons la Route 46-24 organise une deuxième édition de Fête/Faites du vélo le 09 mai à Souillac.

Collectif citoyen joyeux et déterminé qui agit dans le Lot et la Dordogne. Nous sommes des parents, des cyclistes, des piétons, des riverains. Bref, des gens qui rêvent d’une cohabitation plus harmonieuse sur nos routes !

Le collectif vous invite à partager un moment convivial et à échanger sur la mobilité douce.

Balade à vélo la matin à partir de 10h30. Deux circuits vous seront proposés.

Repas partagé et animations l’après midi.

Contact : 07 85 32 53 45

https://partageonslaroute-46-24-2d6a86.gitlab.io/

Samedi 2 mai à Chartrier-Ferrière: une journée d’animation par le tiers-lieu Les Agité·es du local de l’Oasis des Âges

Un samedi par moi, les bénévoles du tiers-lieu Les Agité·es du local à l’Oasis des Âges vous proposent des rencontres et ateliers en journée et une soirée repas maison, avec une animation !

Au programme de ce samedi 2 mai:

De 9 à12h, Atelier de l’espoir:

Les Ateliers de l’espoir sont des ateliers d’intelligence collective de 3h, pour prendre du recul, et surtout pour aider à identifier des réponses pertinentes et à la hauteur des enjeux.

Qu’est-ce que le fascisme ? Qu’est-ce qu’une démocratie ? Que pouvons nous faire pour la défendre face à la montée du fascisme ? L’espoir est possible ! De nombreuses luttes historiques ont prouvé que rien n’était inéluctable. De nombreuses structures montrent aujourd’hui la voie d’un renouveau démocratique.

De 14 à 18h, Atelier Repair’café:

A partir de 19h30, Les Agité·es du local tiennent le comptoir:

Tous les renseignements pratiques sur le site de l’Oasis des Âges : https://oasisdesages.fr/
Oasis des Âges
Les Âges, 5 chemin des Potz, 19600 Chartrier-Ferrière

Intercommunalité: « La politique confisquée »

Après 10 ans d’observations auprès de plusieurs intercommunalités, Fabien Desage, maître de conférences en science politique à l’université de Lille 2 et David Guéranger, chercheur au Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés, ont fait les constats suivant :

  • Les intercommunalités fonctionnement à l’abri des regards des citoyens.

  • Les instances intercommunales sont des arènes feutrées, discrètes participant à la confiscation, à l’appauvrissement de la démocratie et de la participation des citoyens.

  • Il n’y aurait pas au sein de ces instances des contre-pouvoirs, tout est consensus, compromis en coulisses.

  • L’intercommunalité reste un « trou noir démocratique », c’est-à-dire un lieu restreint aux élus eux-mêmes, invisible de l’extérieur et dont rien ou presque ne s’échappe…..

  • Le maire en tant que conseiller communautaire engage sa commune sans avis préalable de son conseil municipal et s’en fait un domaine réservé.

  • La règle d’alignement est de mise. Les différends ne sont autorisés et sont neutralisés qu’en réunion de bureau avec une quasi obligation de trouver un consensus et surtout de ne pas faire savoir publiquement ces différends et ces arrangements.

  • Il est incongru (inconcevable) qu’un élu puisse s’opposer lors d’un conseil communautaire. Les votes sont quasiment unanimes. Le conseil communautaire a pour rôle principal d’entériner les décisions prises en amont.

L’analyse des résultats de cette longue enquête a donné lieu à un ouvrage « La politique confisquée, Sociologie des réformes et des institutions» aux éditions du Croquant.

Bien que les communautés de communes, d’agglomération ou urbaines couvrent aujourd’hui la quasi-totalité du territoire national et concernent plus de 90% de la population française, Fabien Desage et David Guéranger montrent qu’elles demeurent des objets politiques méconnus de la majorité des citoyens. Ce décalage entre des institutions sans cesse plus nombreuses, plus importantes, et leur faible appropriation démocratique, fonde l’hypothèse centrale de leur ouvrage : celle d’un objet politique doublement confisqué.

Confisquée, l’intercommunalité l’est d’abord en raison de son fonctionnement politique singulier, marqué par des « consensus » inter-partisans établis à l’abri des regards des citoyens et des élus municipaux. Confisquée, l’intercommunalité l’est ensuite au nom de sa technicité présumée, un argument qui puise dans les discours des acteurs politiques eux-mêmes et que valident ses « experts » patentés. Elle se trouve ainsi érigée en objet à part, domaine réservé de quelques-uns. Le présent ouvrage montre les mécanismes qui soustrait l’intercommunalité à tout espace public de délibération. Il insiste sur les nombreuses conséquences politiques et sociales pour les territoires concernés des choix et des non-choix intercommunaux.

A travers leur ouvrage, Fabien Desage et David Guéranger. souhaitent lever le voile sur les institutions intercommunales et fournir des outils pour les investir politiquement.

Salle comble pour le film « Vies non Renouvelables: nature ou misère »

Le ciné-débat du vendredi 6 février à Gignac organisé par le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac, le collectif Citoyen Nespoulois et l’association Gignac Ensemble a été un franc succès. Principalement des lotois mais également de nombreux Corréziens et des voisins de Dordogne ont répondu à l’invitation des organisateurs.

La réussite de cette soirée prouve que le sujet interpelle les citoyens. La colonisation des terres agricoles, naturelles et forestières par les industriels des énergies renouvelables préoccupe sérieusement les ruraux. Le film « Vies non renouvelables: nature ou misère » est devenu le documentaire de référence en Espagne où les paysages, les villages et l’équilibre des économies locales sont menacés par une transition énergétique débridée. Ce film réussit à soulever avec une incroyable efficacité tous les enjeux autour de ce phénomène d’industrialisation des espaces naturels.

Bien sûr, l’histoire de l’Espagne et le contexte législatif qui permet l’expropriation des paysans sont différents des nôtres. Cependant la pression des industriels du renouvelable sur nos campagnes ne cesse de croître. Et dans tous les départements ruraux on assiste à une véritable déferlante des projets photovoltaïques sur sols naturels comme en témoigne la carte des projets du Lot (visualisez la carte ICI).

Un débat foisonnant

La richesse du débat qui a animé la salle après le film et la qualité des interventions ont été remarquées. Car au delà de la crainte de l’industrialisation de nos campagnes et la dégradation de notre cadre de vie, c’est une réflexion bien plus profonde qui s’est engagée collectivement lors de cette soirée. Il a été souligné que le marché de l’électricité est dévolu aux entreprises et aux intérêts privés. Les porteurs de projets sont en grande partie des filières de multinationales du pétrole qui étendent leurs activités aux énergies renouvelables pour obtenir des crédits carbone et pouvoir ainsi continuer leurs activités pétrolières. Pour des participants cela va à contresens de l’intérêt général.

Une « transition » sans planification

Il en découle que ces installations se font en dépit de toute planification. En amont la loi indique qu’il faut privilégier le développement du photovoltaïque sur terrains artificialisés. Les communes ont été sollicitées pour définir des zones d’accélération des énergies renouvelables mais que sont devenues aujourd’hui ces contributions ? Il est remarqué de fortes inégalités entre les territoires en terme de production d’électricité au sein d’un même département. Par exemple, si tous les projets voyaient le jour à Cressensac-Sarrazac, cette commune produirait à elle seule 15% de l’énergie produite par le département.

Il a été rappelé que pour répondre aux objectifs de 2030, selon les données de l’Observatoire des énergies dans le Lot*, il faudra produire 260 Gwh supplémentaires par an, soit d’installer moins de 110 ha de panneaux sur toitures ou sur parkings, c’est à dire 3500 m² par commune et pour 2050, moins de 1,5 ha !

De plus, l’expérience montre l’absence complète de transparence sur les projets en cours. Les habitants ne sont pas informés des études entreprises par les énergéticiens pour des projets qui se trouvent à proximité de leur habitation et parfois les mairies elles-mêmes ne sont pas au courant de ce qui se prépare sur leur commune.

Surproduction et surconsommation

Selon le rapport de décembre 2025 de RTE (Réseau de transport de l’électricité) la France produit 20% d’électricité de plus que ce qu’elle en consomme. Tandis qu’on assiste au développement sans cesse croissant de la numérisation de la société et celui de l’intelligence artificielle, il a été question de l’extractivisme et des limites planétaires. L’exemple du passage du quartz au silicium métal utilisé dans les panneaux photovoltaïques a été cité. Une opération qui nécessite une quantité phénoménale d’énergies fossiles et qui est ultra polluante pour l’environnement (280kg de produit chimique par kg de silicium produit). Jusqu’à quand pourra-t-on poursuivre cette logique de surproduction et de surconsommation ?

Vers une gestion collective ?

L’énergie est un bien commun au même titre que les ressources naturelles et les citoyens sont tout à fait légitimes de se réapproprier la question énergétique. On doit envisager la mise en place de projets à taille humaine sur des surfaces anthropisées, projets co-construits avec les habitants et autogérés localement.

Ce débat fut donc un beau moment d’intelligence collective qui s’est terminé autour d’un verre. Il encourage les organisateurs à réitérer ces rendez-vous autour de sujets aussi déterminants pour notre avenir et celui de nos enfants.

Rappelons qu’un recours contentieux est en cours contre CAUVADOR qui a classé 717 ha en zone Ner (zones naturelles définies pour accueillir la production d’énergies renouvelables) dans son nouveau PLUIH. Une cagnotte pour financer les frais d’avocat a été mise en place, vous pouvez la retrouver en cliquant ICI

*Selon l’Observatoire des énergies renouvelables dans le Lot, n°2, « Le Photovoltaique », en date de février 2024, https://www.lot.gouv.fr/contenu/telechargement/18547/140820/file/Obs-ENR_n%C2%B02_vfinale.pdf

 

Site du collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac ICI

 

L’intelligence artificielle va-t-elle nous rendre idiot ?

Depuis l’utilisation de l’Internet, nous avons progressivement cessé de mémoriser certaines informations car elles étaient à portée de main sur nos tablettes, nos ordis et smartphones. Avec l’IA, le changement est bien plus profond : on ne délègue plus seulement la mémoire mais aussi une partie du raisonnement et de la formulation elle-même.

L’accès instantané au résultat

Ce que l’intelligence artificielle de façon insidieuse modifie, c’est notre relation entre effort et connaissance. Car l’IA est le premier outil informatique capable de produire directement ce que l’on était auparavant obligé d’appréhender par la compréhension.

Obtenir un texte, une synthèse, une traduction ou une explication, nécessitait avant de passer par une série d’étapes : chercher, trier, formuler, corriger. Aujourd’hui, quelques mots suffisent. Nous sommes passés du “sait-on faire ?” au “sait-on demander ?”. Et ce déplacement qui paraît anodin, touche le cœur même de l’apprentissage. Car apprendre est un processus complexe qui ne se réduit pas à obtenir une réponse.

Qu’est-ce que l’apprentissage ?

On résume parfois l’apprentissage à la compréhension. En réalité, il repose sur trois moments complémentaires.

  • Comprendre d’abord. Une information est découverte, expliquée, lue ou observée. Le cerveau commence à construire une représentation.
  • S’exercer ensuite. On tente de réutiliser seul cette information. C’est l’effort actif qui transforme la connaissance fragile en compétence.
  • Corriger enfin. Comparer, se tromper, ajuster : cette phase permet d’ancrer durablement l’apprentissage.

Ces trois étapes demandent du temps et nous font passer par des phases de doutes et d’inconfort. Avec L’IA toutes les étapes qui permettent habituellement d’apprendre disparaissent, le chemin disparaît et le résultat est direct. Au delà de remplacer certaines tâches, l’IA transforme le rapport entre effort et connaissance et nous éloigne de l’habitude qui consiste à comprendre, relier et juger.

Qu’en est-il de la pensée critique ?

Lorsque nous générons nos propres résultats, nous les remettons en question, nous évaluons leur validité, leur pertinence. Autrement dit nous exerçons notre esprit critique.

Une étude publiée par des chercheurs américains et anglais (1) sur utilisation de l’IA dans le cadre universitaire, nous montre que plus la confiance en l’outil est élevée moins la pensée est critique: les personnes qui font davantage confiance aux outils d’IA ont tendance à moins questionner les résultats générés. De même, la dépendance à l’IA pour des tâches routinières ou perçues comme « peu importantes » réduit les occasions de pratiquer la pensée critique.

Garder le contrôle

L’étude met en avant l’importance d’apprendre à superviser l’IA plutôt qu’à simplement l’utiliser. Avec la conséquence qu’on passe alors moins de temps à générer des idées originales et plus de temps à évaluer et à adapter les résultats de l’IA.

Les contributeurs conseillent de :

  • Limiter l’utilisation de l’IA aux tâches à faible enjeu cognitif (comme la relecture grammaticale).
  • Maintenir des exercices sans IA pour renforcer les compétences essentielles, telles que l’analyse de textes ou la résolution de problèmes.

Ils recommandent vivement aux universités de « favoriser un équilibre entre l’efficacité accrue offerte par l’intelligence artificielle générative et la nécessité de maintenir un engagement actif dans la pensée critique. Sans régulations adéquates, l’IA pourrait compromettre la faculté d’analyse autonome, cruciale dans les professions du savoir. »

(1) « The Impact of générative AI on Critical Thinking  (Lee et coll., 2025) 

Pour aller plus loin une interview d’Albert Moukheiber, docteur en neurosciences, psychologue clinicien et auteur de nombreux ouvrages dont « Neuromania – le vrai du faux sur votre cerveau »

👉  Dans ce podcast passionnant, il est aussi question d’esprit critique, de comparaison entre le fonctionnement de notre cerveau et celui de l’IA,  du danger de l’IA sur le plan environnemental, de la nécessité de cadres règlementaires, de la guerre des intelligences…