1er Festival de Printemps à Borrèze lieu-dit Linard le samedi 4 avril

Cette nouvelle association de Borrèze « Art de Vivre d’hier, d’aujourd’hui et de demain » est une association dont le but est de protéger des arbres, des forêts par le biais d’événements culturels liés à la nature, au bien-être en soutenant la création artistique et artisanale locale dans un esprit de savoir-vivre et savoir -être ensemble.

Elle organise ce samedi 4 avril 2026 son premier événement sur le thème de l’arrivée du printemps, le Festival « PARATGE* DE PRINTEMPS « . Il réunira créateurs, artisans et producteurs locaux, artisans du bien-être. Un troc de plantes ainsi qu’un défilé de mode « à la française !» seront proposés dans un esprit de « savoir-être ensemble ».

*En occitant « Paratge »signifie Partage !

Nos interrogations après la première réunion publique de la liste « Tous unis pour Gignac »

Le vendredi 20 février s’est déroulée à Gignac, la première réunion publique de l’unique liste de candidats aux élections municipales sur la commune. Une situation qui interroge: comment faire vivre notre démocratie locale quand les électeurs n’ont pas le choix entre deux listes ?

Gignac n’est pas un cas isolé: plus de deux tiers des communes françaises n’ont qu’une seule liste en compétition aux élections municipales de 2026. Pour Martial Foucault, politologue et professeur et à Sciences Po, cela représente un risque pour le pluralisme démocratique. Ce n’est pas le sujet central de ce papier mais cela soulève une question: à force de gouverner en cercle fermé sans solliciter la participation citoyenne, n’est-il pas logique que les citoyens perdent le goût de la chose publique et s’éloignent de la vie politique de leur commune ?

La première réunion publique de « Tous unis pour Gignac » a permis aux candidats de se présenter, de dresser un bilan des réalisations du mandat qui s’achève et une brève présentation des projets. Le deuxième temps a été consacré aux questions du public.

Quelles réponses au sujet du photovoltaïque au sol ?

Nous sommes restés dubitatifs face aux réponses apportées à nos questions par le conseiller communautaire, François Moinet. Rappelons le contexte: CAUVALDOR a défini sa politique en matière d’installations photovoltaïques au sol à travers des outils réglementaires comme sa Charte Solaire Photovoltaïque ou son PLUIH. Ces règlements ont été approuvés par le vote de l’ensemble des conseillers communautaires.

Le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac qui est opposé aux centrales photovoltaïques sur sols naturel, agricole et forestier et favorable aux installations sur sol artificiel, toitures, parkings (voir l’article ICI) a rappelé lors de cette réunion que la Charte de CAUVALDOR approuve les installations jusqu’à 20 ha (au lieu de 8 ha dans le Figacois) et que le nouveau PLUIH a institué 717 ha de zone Ner (zone naturelle définie pour accueillir la production d’énergie renouvelable). Inquiet face à la pression des industriels sur les terres agricoles et à la déferlante des projets photovoltaïques dans les espaces naturels sur la communauté de commune, le collectif a interpellé François Moinet à ce sujet. La réponse de celui-ci a été: « Après le projet de Viroulou et celui de l’aéroport, il n’y aura pas d’autre projet sur le territoire de Cauvaldor ». Notons au passage que le projet de Viroulou a une emprise de 51 ha et que celui de l’aéroport s’inscrit dans une zone Ner de 45 ha. Bien que la surface de la future centrale de l’aéroport ne soit pas encore connue, dans les deux cas, la limite de 20 ha fixée par la Charte semble largement dépassée.

Quid des projets autorisés, en instruction ou à l’étude ?

Cette réponse du conseiller communautaire,  nous amène à la réflexion suivante: pourquoi classer 717 ha en zone Ner si l’ambition de CAUVALDOR se résume à ces deux projets ?

De plus, notre recensement des projets photovoltaïques au sol établi à partir des éléments publiés par les services de la préfecture du Lot (voir tableaux ci-dessous), nous a permis d’identifier (en plus des deux projets cités plus haut) 8 projets déjà autorisés, 10 projets en instruction (demande de permis de construire déjà déposée) et 12 projets à l’étude en concertation avec la DDT (sans compter les projets en prospection connus de celle-ci). Quant aux parcs déjà en fonctionnement, ils sont au nombre de 6. Parmi ces projets et installations, 227 ha se trouvent en zone Ner. Il reste donc 490 ha d’espaces naturels classés zone Ner donc dédiés à la production d’énergie renouvelable. Autrement dit les propos du conseiller communautaire qui se voulaient « rassurants » n’apparaissent en rien réalistes.

La liste « Tous Unis pour Gignac » a programmé une deuxième réunion publique le vendredi 13 mars à 20h30 en vue de détailler les projets pour les sept années à venir. A cette occasion, nous espérons obtenir des éclaircissements et compléments d’informations en matière de photovoltaïque au sol.

Collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac

Listes par statut des projets photovoltaïques sur sols naturels sur le territoire de CAUVALDOR

L’autonomie alimentaire ou la faim de démocratie locale

Dans son 5ème rapport sur l’état des terres agricoles, « Terre de Liens » propose de comprendre pourquoi notre système alimentaire dysfonctionne, ce que cela implique pour nos vies quotidiennes, et surtout comment agir, ici et maintenant, pour une agriculture de proximité, nourricière et démocratique.

« Que voulons-nous dans nos assiettes ?

Des produits sains, accessibles, issus de fermes vivantes, qui respectent la terre, l’eau et celles et ceux qui la travaillent.

Pourtant, aujourd’hui, une grande partie de ce que nous mangeons ne se décide ni dans nos communes, ni dans nos territoires. Notre alimentation dépend d’un modèle agricole industriel tourné vers l’exportation, gourmand en pesticides, destructeur d’emplois paysans et incapable de nourrir correctement la population. »

Rappelons que « Terres de liens » est une fédération qui depuis plus de vingt ans agit aux côtés des territoires pour préserver les terres agricoles et permettre l’installation de paysannes et paysans engagés dans des pratiques respectueuses du vivant. Pour consulter leur site, c’est ICI

Pourquoi s’emparer de ce sujet aujourd’hui ?

A l’occasion des élections municipales, Terre de Liens par le biais de ce rapport, appelle les élus et élues locaux, les institutions nationales et l’ensemble des acteurs publics à reconnaître pleinement le rôle central des territoires et à leur donner les moyens d’agir.

Voici un extrait du rapport: « À contre-courant du modèle dominant, de nombreuses collectivités ont choisi d’agir en faveur d’une territorialisation du système alimentaire. Leur pari consiste à s’impliquer dans la pérennisation ou reconstruction de chaînes de production alimentaires, de la production agricole à la transformation, plus ancrées et tournées vers les besoins des territoires, de leurs acteurs économiques comme de leurs habitants. En travaillant à l’essor de ces filières, les élus locaux cherchent à répondre à différents enjeux du territoire, à la fois économiques (création d’emplois, dynamisme économique), environnementaux (préservation des ressources naturelles, de la biodiversité, construction des paysages) et socio-démocratiques (accessibilité alimentaire, santé, participation citoyenne). »

Faire face au désengagement de l’État

Les orientations nationales en matière d’alimentation manque de clarté, ce qui limite l’action au niveau local. L’écart entre les objectifs affichés par l’État et sa politique de l’alimentation durable mise en œuvre ne permet pas une réelle transition des systèmes alimentaires. Au cœur de cette politique alimentaire, le Projet Alimentaire Territorial (PAT) avec l’objectif de couvrir 80 % du territoire français d’ici 2030. Pourtant, dans le même temps, l’État réduit drastiquement les moyens pour ce dispositif. Cela n’empêche de nombreux territoires sensibilisés par le sujet de se saisir de ce dispositif à la hauteur de leurs moyens.

Une opportunité pour développer l’implication citoyenne 

Une réflexion partagée sur l’autonomie alimentaire est l’occasion de développer l’implication citoyenne à l’échelle d’un territoire. Mettre en place un Projet Alimentaire Territorial (PAT) est l’occasion d’associer les citoyens afin qu’ils se réapproprient la question de l’alimentation et deviennent force de propositions. Si le PAT peut-être un premier pas vers la réappropriation des enjeux liés à une agriculture durable, il ne doit pas se retourner contre les objectifs fixés. En effet, des travaux de recherche ont montré l’ambivalence de ces politiques au sein desquelles s’expriment de manière prépondérante les représentants du modèle agricole conventionnel qui souhaitent garder le contrôle sur les politiques alimentaires (représentants agricoles, chambres d’agricultures…). Ils agissent comme autant d’obstacles à l’accomplissement d’une transition agricole et alimentaire.

Des initiatives locales partout en France

Autre intérêt du rapport de Terre de Liens: il présente de nombreuses initiatives locales en France qui permettent d’orienter les terres agricoles vers des productions destinées à l’alimentation locale. Ces expérimentations, à tous les maillons de la chaîne alimentaire, apportent des solutions pour répondre aux enjeux actuels. D’autres exemples montre aussi comment, pour dépasser les limites de l’action locale, les territoires inventent de nouvelles formes de coopération entre territoires voisins et plus lointains, pour jouer des complémentarités et bénéficier de l’appui, des compétences et des moyens départementaux et régionaux. Grâce aux voix des collectivités qui commencent à se faire entendre, il sera possible de peser sur le cadre national et accélérer, enfin, la transition agroécologique et alimentaire.

Retrouver l’intégralité du rapport de Terres de Liens ICI

Salle comble pour le film « Vies non Renouvelables: nature ou misère »

Le ciné-débat du vendredi 6 février à Gignac organisé par le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac, le collectif Citoyen Nespoulois et l’association Gignac Ensemble a été un franc succès. Principalement des lotois mais également de nombreux Corréziens et des voisins de Dordogne ont répondu à l’invitation des organisateurs.

La réussite de cette soirée prouve que le sujet interpelle les citoyens. La colonisation des terres agricoles, naturelles et forestières par les industriels des énergies renouvelables préoccupe sérieusement les ruraux. Le film « Vies non renouvelables: nature ou misère » est devenu le documentaire de référence en Espagne où les paysages, les villages et l’équilibre des économies locales sont menacés par une transition énergétique débridée. Ce film réussit à soulever avec une incroyable efficacité tous les enjeux autour de ce phénomène d’industrialisation des espaces naturels.

Bien sûr, l’histoire de l’Espagne et le contexte législatif qui permet l’expropriation des paysans sont différents des nôtres. Cependant la pression des industriels du renouvelable sur nos campagnes ne cesse de croître. Et dans tous les départements ruraux on assiste à une véritable déferlante des projets photovoltaïques sur sols naturels comme en témoigne la carte des projets du Lot (visualisez la carte ICI).

Un débat foisonnant

La richesse du débat qui a animé la salle après le film et la qualité des interventions ont été remarquées. Car au delà de la crainte de l’industrialisation de nos campagnes et la dégradation de notre cadre de vie, c’est une réflexion bien plus profonde qui s’est engagée collectivement lors de cette soirée. Il a été souligné que le marché de l’électricité est dévolu aux entreprises et aux intérêts privés. Les porteurs de projets sont en grande partie des filières de multinationales du pétrole qui étendent leurs activités aux énergies renouvelables pour obtenir des crédits carbone et pouvoir ainsi continuer leurs activités pétrolières. Pour des participants cela va à contresens de l’intérêt général.

Une « transition » sans planification

Il en découle que ces installations se font en dépit de toute planification. En amont la loi indique qu’il faut privilégier le développement du photovoltaïque sur terrains artificialisés. Les communes ont été sollicitées pour définir des zones d’accélération des énergies renouvelables mais que sont devenues aujourd’hui ces contributions ? Il est remarqué de fortes inégalités entre les territoires en terme de production d’électricité au sein d’un même département. Par exemple, si tous les projets voyaient le jour à Cressensac-Sarrazac, cette commune produirait à elle seule 15% de l’énergie produite par le département.

Il a été rappelé que pour répondre aux objectifs de 2030, selon les données de l’Observatoire des énergies dans le Lot*, il faudra produire 260 Gwh supplémentaires par an, soit d’installer moins de 110 ha de panneaux sur toitures ou sur parkings, c’est à dire 3500 m² par commune et pour 2050, moins de 1,5 ha !

De plus, l’expérience montre l’absence complète de transparence sur les projets en cours. Les habitants ne sont pas informés des études entreprises par les énergéticiens pour des projets qui se trouvent à proximité de leur habitation et parfois les mairies elles-mêmes ne sont pas au courant de ce qui se prépare sur leur commune.

Surproduction et surconsommation

Selon le rapport de décembre 2025 de RTE (Réseau de transport de l’électricité) la France produit 20% d’électricité de plus que ce qu’elle en consomme. Tandis qu’on assiste au développement sans cesse croissant de la numérisation de la société et celui de l’intelligence artificielle, il a été question de l’extractivisme et des limites planétaires. L’exemple du passage du quartz au silicium métal utilisé dans les panneaux photovoltaïques a été cité. Une opération qui nécessite une quantité phénoménale d’énergies fossiles et qui est ultra polluante pour l’environnement (280kg de produit chimique par kg de silicium produit). Jusqu’à quand pourra-t-on poursuivre cette logique de surproduction et de surconsommation ?

Vers une gestion collective ?

L’énergie est un bien commun au même titre que les ressources naturelles et les citoyens sont tout à fait légitimes de se réapproprier la question énergétique. On doit envisager la mise en place de projets à taille humaine sur des surfaces anthropisées, projets co-construits avec les habitants et autogérés localement.

Ce débat fut donc un beau moment d’intelligence collective qui s’est terminé autour d’un verre. Il encourage les organisateurs à réitérer ces rendez-vous autour de sujets aussi déterminants pour notre avenir et celui de nos enfants.

Rappelons qu’un recours contentieux est en cours contre CAUVADOR qui a classé 717 ha en zone Ner (zones naturelles définies pour accueillir la production d’énergies renouvelables) dans son nouveau PLUIH. Une cagnotte pour financer les frais d’avocat a été mise en place, vous pouvez la retrouver en cliquant ICI

*Selon l’Observatoire des énergies renouvelables dans le Lot, n°2, « Le Photovoltaique », en date de février 2024, https://www.lot.gouv.fr/contenu/telechargement/18547/140820/file/Obs-ENR_n%C2%B02_vfinale.pdf

 

Site du collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac ICI