Ciné-débat à Souillac ce vendredi 16 janvier à 20h

En ce début d’année,  ATTAC 46 reprend sa programmation mensuelle de ciné-débat avec, le vendredi 16 janvier à 20h, la projection du film TERLA TA NOU (Cette terre nous appartient) de Cécile Laveissière et Jean-Marie Pernelle, projection suivie d’une rencontre avec la  réalisatrice et le réalisateur.

Synospsis : En France, les Gilets jaunes ont quitté les rond-points, à La Réunion, une convergence appelée « QG Zazalé » tient toujours. Située au Tampon, au Sud de l’île, elle est composée d’une communauté de militants et de militantes.

Sur le rond-point, encerclés par le flux incessant des voitures, au milieu des plantations et des animaux, ils débattent d’écologie, de la question décoloniale et agissent pour la souveraineté et l’autonomie alimentaire.

Petit à petit cette expérimentation d’un nouveau monde, subversive et politique, prend de l’ampleur et questionne les enjeux sociaux et d’accès à la terre.

Cécile Laveissière et Jean-Marie Pernelle, réalisateur-rices lotois, nous parlent de leur intention :

« Le désir du film est né d’une rencontre avec un lieu insolite, symbolique, et avec le collectif que forment ses occupants, le QG zazalé.

La dimension politique du projet, qui s’accompagne de nombreuses actions de solidarité sociale, nous a frappés par son audace. Elle s’inscrit pleinement dans les mouvements post-coloniaux en Afrique et aux Antilles, et dans l’émergence des études décoloniales dans le débat actuel.

Notre intention est de documenter, sans prétention, cette expérience historique à La Réunion. Ce qui nous intéresse c’est de comprendre en quoi cette alternative fonctionne, même située à petite échelle dans un rond-point, quelle place notre société laisse à un tel projet, et quelles sont les oppositions et les résistances qu’ils rencontrent. »

Pour en savoir plus et visionner la bande annonce, c’est ICI

Surproduction électrique et impasse énergétique en France

RTE France (Gestionnaire du réseau de transport d’électricité) rendait son rapport 2025 et son bilan prévisionnel le 9 décembre 2025. Le lendemain la Fédération Environnement Durable titrait un communiqué de presse : « DIX ANS DE MENSONGES : RTE RECONNAÎT ENFIN L’IMPASSE ÉNERGÉTIQUE FRANÇAISE. »

RTE vient de reconnaître l’échec de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3). Dix ans de prévisions erronées et surévaluées, des milliards d’euros gaspillés et de projets inutiles: la France produit aujourd’hui 20 % d’électricité en trop ! La consommation d’électricité est loin d’avoir explosée comme prévu. Elle stagne à un niveau inférieur à celui d’avant la crise du Covid alors que les capacités de production n’ont eu de cesse d’augmenter.

Quelles conséquences ce système absurde et coûteux aura pour les usagers, les finances publiques et l’environnement ? Qui paiera pour cette gabegie ?

Alors que les réseaux électriques locaux sont déjà saturés et que les ménages accusent une hausse continue des factures pour financer un système inefficace, la France se retrouve aujourd’hui avec un système électrique surdimensionné, instable et ruineux. Le développement incontrôlé des ENR et leur fonctionnement intermittent fragilisent les centrales nucléaires mises à mal par une modulation excessive. La construction de gigantesques réseaux électriques inutiles a un coût pharaonique tandis que des milliards d’euros de subventions publiques sont engloutis pour produire un surplus d’électricité intermittente que personne ne consomme.

« La France ne manque pas d’électricité, mais de cohérence. On paie pour produire, puis on paie pour ne pas consommer ! » d’après la Fédération Environnement Durable.

Que cachent les prix négatifs ?

Le dernier rapport de la Fondation Concorde (think tank indépendant) confirme point par point cette analyse:

  • Surproduction structurelle de 20 % au-delà des besoins, dû notamment au développement des énergies renouvelables
  • Effondrement des prix, avec des prix négatifs récurrents en milieu de journée à cause du solaire
  • Explosion incontrôlable des subventions aux ENR, 7,1 milliards d’euros en 2026 (évaluation CRE), soit 92,42 €/MWh par  MWh ENR  contre 85,62 €/MWh en 2025

Le rapport montre que le développement des ENR n’a pas été pensé uniquement comme un moyen de décarboner les usages de l’énergie: « Face au mur des réalités, le « à la place du nucléaire » est devenu le « en plus du nucléaire » ».

Ce constat ne fait que confirmer les travaux de l’historien des techniques, Jean-Baptiste Fressoz* qui montrent que l’histoire de l’énergie n’est pas celle de transitions mais celle d’addition de sources d’énergie.

Les pics de production des énergies intermittentes (comme le solaire en milieu de journée, surtout au printemps et à l’automne) font chuter les prix sur les marchés de gros pendant ces périodes de production au point de parfois devenir négatifs.

Ces prix négatifs pèsent fortement sur le coût budgétaire pour l’Etat. Pour les éviter, la CRE (Commission de Régulation de l’Énergie) a mis en place des primes de prix négatifs, qui indemnisent les producteurs pour ne pas produire.

Quel paradoxe ! Un dispositif qui, d’un côté, subventionne pour produire et, de l’autre, indemnise pour ne pas produire !

L’alerte de la CFE CGC, première force syndicale au sein d’EDF

Dans un courrier officiel au ministre de l’Industrie et de l’Énergie, Roland Lescure, du 23 décembre 2025 , la CFE CGC alerte sur les risques majeurs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3).

Cette lettre particulièrement argumentée dénonce une PPE3 établie sur des hypothèses obsolètes, souligne le risque de déséquilibre du réseau par surproduction électrique, les surcoûts sur le long terme pour les finances publiques et les consommateurs, ainsi qu’une fragilisation inquiétante du parc nucléaire français. En effet, l’intensification de la modulation du parc nucléaire évoquée par RTE serait contraire à la prolongation de sa durée de vie. EDF a été établi un rapport à ce sujet mais il semble que le gouvernement en bloque la publication car elle signerait l’arrêt de mort de la PPE3. 

Le syndicat alerte aussi sur le développement effréné des interconnexions, soutenu par la Commission européenne, qui permettent aux pays excédentaires d’exporter leur production photovoltaïque, exposant ainsi le réseau français à des « importations massives d’intermittence ». A la clé de ces importations: une déstabilisation économique et technique majeure du système électrique français.

En s’appuyant sur les alertes de RTE, de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) et sur le retour d’expérience du black-out ibérique d’avril 2025, le syndicat demande un ralentissement du développement des énergies renouvelables intermittentes, en particulier du photovoltaïque, et une révision urgente des trajectoires prévues par la PPE3. Il appelle le ministre à définir une trajectoire réaliste de développement des énergies renouvelables.

La surconsommation pour absorber la surproduction

Parmi les scénarios proposés pour sortir de cette impasse, RTE préconise celui dit de « décarbonation rapide » qui propose d’accélérer sur l’électrification des usages (voiture électrique, sites industriels, datacenters…) pour absorber la surproduction tout en baissant les émissions de CO2.

C’est sans en mesurer les conséquences: l’extractivisme (avec ses impacts sur l’environnement, les droits humains, les équilibres géopolitiques…), une société toujours plus numérisée et le développement incontrôlé de l’IA (qui réduit nos capacités cognitives et nuit à notre pensée), l’accaparement des terres naturelles par les multinationales de l’énergie (portant atteinte à la biodiversité, aux paysages et à la souveraineté alimentaire)…

Une sobriété désirable

Pourquoi ne pas partir de nos réels besoins en énergie pour planifier la production énergétique ? Une conjecture qui ne peut ignorer la logique de profit qui crée sans cesse de nouveaux besoins, nous incite à consommer toujours davantage. Nous baignons dans un environnement où consommation d’énergie superflue et surconsommation vont de pair.

Or, les limites planétaires nous imposent de revoir nos modèles de production et de consommation. C’est pourquoi  la sobriété représente un levier essentiel dans la transition énergétique et environnementale. Cependant, elle est toujours reléguée au dernier plan dans les stratégies de décarbonation.

En visant à réduire notre consommation d’énergie et de biens matériels par un changement en profondeur de nos comportements et de nos modes de vie individuels et collectifs, la sobriété remet en question les normes sociales qui structurent nos habitudes de consommation. Pour l’association Négawatt et le Shift Project la sobriété n’a rien de punitif. Au contraire, elle présente de nombreux cobénéfices. Elle induit le partage des ressources et va de pair avec la solidarité et le bien-être partagé. Elle ouvre sur la perspective d’un modèle de société tout à fait désirable.

Pour lire l’intégralité du rapport de la fondation Concorde, c’est ICI

Pour les plus courageux, voici la synthèse du dernier bilan prévisionnel RTE ICI

Pacte Souveraineté Alimentaire

La région Occitanie lance un appel à contributions pour associer la population à l’élaboration d’un Pacte de Souveraineté Alimentaire. Cette consultation sera ouverte jusqu’à la fin janvier.

Cet appel à contributions s’adresse à de nombreux acteurs (agriculteurs, organisations professionnelles agricoles, entreprises agro-alimentaires, collectivités, associations, chercheurs…) mais également aux citoyens. Le but de ces contributions est de « permettre d’identifier les freins à lever et les leviers à actionner pour assurer une meilleure souveraineté alimentaire en Occitanie, c’est-à-dire pour mieux produire et nourrir sainement une population en constante augmentation ».

Les propositions recueillies seront prises en compte dans le cadre de l’élaboration du Pacte régional.

Alors que l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, qui doit être signé le 17 janvier, va  profiter avant tout à l’agronégoce brésilien, ne faisant qu’accentuer la déforestation et les pesticides, au détriment des petits agriculteurs, produire et consommer localement s’imposent.

« Dans un monde instable, nous ne pouvons pas accepter de dépendre des importations pendant que nos agriculteurs peinent à vivre de leur travail. C’est pourquoi l’Occitanie fait le choix d’une agriculture forte, productive et durable, qui nourrit sa population et fait vivre ses territoires. C’est tout le sens de notre futur pacte régional : redonner de la valeur au travail agricole et garantir à chaque citoyen une alimentation saine et de qualité. J’invite tous ceux qui veulent reprendre la main sur notre avenir alimentaire à s’engager dans cette construction collective. » a déclaré la présidente de la Région Occitanie Carole Delga.

On ne peut que se réjouir de cette ambition de reconquête de notre souveraineté alimentaire dans notre région et du fait que les citoyens aient droit de cité sur ce qu’il faudrait mettre en œuvre pour y parvenir. Puisque l’occasion nous ait donnée de nous exprimer sur ce que nous souhaitons mettre dans notre assiette et sur l’avenir de l’agriculture sur notre territoire alors pourquoi ne pas nous en saisir ?

Reste à savoir si notre avis sera réellement pris en compte et si les velléités de ce Pacte Régional résisteront à la logique de marché et au multilatéralisme économique ?

Pour accéder au communiqué de presse de la région, c’est ICI

Pour accéder au formulaire de contribution, c’est ICI

Des réactions à l’enquête nationale sur l’antisémitisme dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche

 

Une initiative problématique !

Le ministère a demandé aux président·es d’université, par un courrier du 18 novembre 2025, de relayer auprès des personnels et des étudiant·es de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) un questionnaire présenté comme «une enquête nationale sur l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur et la recherche». En réalité, ce sondage les conduit à se prononcer notamment sur le conflit israélo-palestinien mais aussi à indiquer leur appartenance ou leur proximité avec un parti politique ainsi que leur religion éventuelle.

L’enquête en question qui se veut être une estimation de la place qu’occupe l’antisémitisme dans les universités. Or, en se penchant sur certaines questions, elle semble loin d’être neutre: « Quand vous pensez à la situation d’Israël, de laquelle des deux opinions suivantes êtes-vous le plus proche : « Israël est un pays puissant qui mène une politique agressive vis-à-vis de ses voisins » ou « Israël est un petit pays qui se défend contre des pays voisins, dont certains souhaitent le détruire » ? »

De plus, l’enquête qui est censée être réservée aux cercles universitaires (étudiants et enseignants), peut être complétée par n’importe qui. Hébergée sur le cloud de Google, quiconque connait le lien peut répondre aux questions. Une faille non négligeable au vu de la nature du questionnaire. 

Une réaction proportionnée

Les présidents d’universités s’opposent à la diffusion du sondage. L’association France Universités a informé le ministère de l’enseignement supérieur qu’au vu d’«un certain nombre de problèmes dans sa conception et les questions posées », elle ne cautionnerait pas le questionnaire de 44 pages établi par l’IFOP censé permettre de « quantifier le phénomène ».

Quant à la Ligue des droits de l’homme, elle a immédiatement réagi à cette tentative de mise au pas des universitaires. Elle porte une pétition aux côtés d’autres organisations dont le syndicat de l’enseignement supérieur le SNESUP-FSU.

Retrouvez ICI cette pétition et le texte qui l’accompagne.

Le QIF Festival du 17 au 19 octobre à Saint-Céré

Questions d’identités est un festival de cinéma dédié à l’exploration des multiples facettes de nos identités, qui se déroule à Saint-Céré dans le Lot (46) et dans les villages alentours. Il est porté par l’association « Le lieu commun ».

À travers le cinéma, l’art et la rencontre, le festival propose d’interroger, de célébrer et parfois de bousculer les représentations qui façonnent nos vies.

L’identité, qu’elle soit liée aux origines géographiques, aux cultures, aux parcours de migration, aux genres, aux orientations ou aux expériences individuelles, est au cœur des débats contemporains. QIF choisit de donner la parole aux artistes, aux réalisateurs et au public pour créer un espace de dialogue vivant, ouvert et inclusif.

Pendant plusieurs jours, la programmation réunit films de fiction et documentaires venus d’horizons multiples, offrant des regards singuliers sur la diversité des histoires humaines. Chaque projection est accompagnée d’échanges avec des cinéastes, chercheurs, militants ou témoins, afin d’approfondir la réflexion et d’encourager la rencontre entre disciplines et expériences.

D’autres formes artistiques y sont présentes: expositions visuelles et photographiques, concerts mêlant traditions et créations contemporaines, mais aussi performances et ateliers participatifs. Au cœur de l’événement, le village du festival constitue un lieu convivial où se croisent publics et intervenants, avec des stands associatifs, des espaces de restauration et des animations culturelles.

En réunissant images, musiques, débats et partages, QIF ambitionne de montrer que l’identité n’est jamais figée : elle se construit, se revendique, s’invente et se transmet. Le festival invite ainsi chacun à se reconnaître, à se questionner et à s’ouvrir à l’altérité, dans une atmosphère festive et bienveillante.

QIF n’est pas seulement un festival de films : c’est une célébration collective de la pluralité humaine.

Toute la programmation en détail à retrouver sur le site du QIF ICI

Réunion publique autour des projets photovoltaïques à Cressensac

 

Cette réunion publique, prévue de longue date avait été annoncée dans un article paru le 29 août dans actuLot (ICI). Suite à cette parution, la mairie de Cressensac a enfin décidé de communiquer le 24 septembre en réunion publique sur deux des quatre projets prévus sur la commune. Mais celle-ci n’a pas « calmé les esprits », bien au contraire. Peu satisfait des exposés des porteurs de projets et de leurs  arguments, et compte tenu de l’intérêt du public venu en nombre, le collectif citoyen a décidé de maintenir son rendez-vous avec tous les habitants intéressés.

Le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac informera sur l’ensemble des quatre projets photovoltaïques à Cressensac-Sarrazac et fera un bref état des lieux des projets des communes voisines et du département du Lot. En s’appuyant sur des rapports d’experts et de scientifiques, sur des retours d’expérience, le collectif exposera les problématiques suscitées par ces installations industrielles dans nos campagnes. Des représentants de la Confédération Paysanne parleront des menaces que fait peser l’agrivoltaïsme sur l’avenir du monde paysan. D’autres associations et collectifs locaux viendront également témoigner des luttes en cours sur leur territoire.

Cette rencontre accordera une large part au débat. Il sera aussi l’occasion de permettre au public d’entamer une réflexion collective sur la pertinence d’une implication citoyenne dans les choix qui concernent notre avenir énergétique. Pour que l’intérêt général prime sur la logique opportuniste du capitalisme vert, ne faut-il pas envisager que cet avenir soit sobre, juste et efficace ?

info@stop-agrivolt-cressensac.fr

www.stop-agrivolt-cressensac.fr

la LDH propose une conférence-débat le 27 septembre à Martel

Le 29 novembre 1947, dans l’après seconde guerre mondiale, l’Assemblée Générale de l’ONU proposait un plan de partage de la Palestine, alors sous mandat britannique, entre deux États, juif et palestinien, Jérusalem étant internationalisé et placé sous le contrôle de l’ONU.
78 ans plus tard, après plusieurs guerres israélo-arabes, onze pour certains, de multiples résolutions du Conseil de sécurité (pas moins que 229 entre 1948 et mars 2024) portant sur la colonisation israélienne, le statut de Jérusalem ou sur le retour des réfugiés palestiniens, résolutions qui sont demeurées sans effet, le problème israélo-palestinien reste entier.

Les perspectives de règlement de ce conflit, en particulier par une solution à un État ou à deux États ?, semblent encore bien éloignées malgré le caractère de plus en plus dramatique que prend la guerre, en particulier à Gaza, et une colonisation de la Cisjordanie qui s’accélère après l’arrivée de la droite et de l’extrême droite au pouvoir à Tel Aviv.

Quand pourront commencer de véritables pourparlers de paix ? Et sous quel statut ?

La paix en Algérie a été obtenue à Evian entre le gouvernement français et le gouvernement provisoire de la République Algérienne, largement issu des « terroristes » du FLN.
L’Afrique du Sud vit maintenant apaisée après des négociations entre Frederik de Klerk et le « terroriste » Nelson Mandela, avec le prix Nobel de la Paix 1993 à la clé.

Benyamin Netanyahou prend argument du caractère « terroriste » du Hamas pour écarter toute négociation et par contre faire avancer ses projets d’un plus grand Israël.
Pourtant, l’activiste israélien engagé pour la paix Gershon Baskin a déjà en 2011 coordonné l’accord de libération du soldat Gilad Shalit avec le Hamas, organisation dont la charte fixe comme objectif la destruction de l’État d’Israël .

Au 5 février 2025, 148 des 193 États membres de l’ONU avaient reconnu l’État de Palestine. Des « puissances occidentales », comme la France, pourraient prochainement reconnaître également cet État. Benyamin Netanyahou pourrait ainsi trouver des interlocuteurs à sa mesure pour rechercher une fin à cette situation d’un colonialisme de plus en plus dénoncé sur la planète, et peut-être partager un prix Nobel.

Les enquêteurs de la Cour Pénale Internationale (CPI) relèveront certainement de nombreuses atteintes aux droits de l’homme mais celles-ci resteront très certainement impunies, grâce aux veto (nom invariable) des États-Unis, alliés inconditionnels pour l’instant de l’État sioniste.

Le dossier, complexe, sera éclairé par Martine Cohen et Fabienne Messica au cours de la prochaine Rencontre de Martel sur le thème :

Israël-Palestine
La paix et la justice sont-elles encore possibles ?
samedi 27 septembre 2025 à 16 h
à Martel dans la salle Du Guesclin du Palais de la Raymondie

Fabienne Messica, sociologue, membre du Conseil National de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), spécialiste de l’éducation, de l’immigration, et des discriminations, suit de près l’actualité au Moyen Orient, en particulier via son blog chez Mediapart ; elle a également coécrit le livre « Refuzniks israéliens – Ces soldats qui refusent de combattre en territoires occupés » (mai 2023).

Martine Cohen, sociologue dans le Groupe Sociétés, Religions, Laïcités du CNRS, membre de la LDH et des mouvements La Paix Maintenant et Standing Together, est une spécialiste des religions, du catholicisme au judaïsme, en particulier le judaïsme français dans ses relations avec le régime israélien aux prises avec la Palestine. Elle a écrit et coécrit sur le conflit israélo-palestinien dans la revue Esprit.

Des futures méga-centrales photovoltaïques à Cressensac-Sarrazac ?

Durant l’été, et au fil de ses investigations, le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac a découvert de nouveaux projets de méga-centrale photovoltaïque sur la commune.  Les citoyens dénoncent l’accaparement des terres au profit de l’industrie photovoltaïque et au détriment de la biodiversité.

Quand un projet peut en cacher d’autres

Les recherches du collectif portent maintenant au nombre de 4 les projets recensés sur la commune. Ces installations s’ajouteraient à la centrale photovoltaïque sur terres agricoles de 23 ha de Sarrazac, en service depuis 2014.

En voici la liste :

  1. Deux projets de centrales agrivoltaïques portés par l’industriel allemand EnergieKontor : 4 ha et 8 ha (surface revue à la baisse) – secteur du Colombier – En cours d’étude d’impact
  2. Un projet de parc photovoltaïque sur terres naturelles de 46 ha, propriété du Syndicat mixte de l’aéroport, parcelles classées en zone Ner (zone naturelle définie pour accueillir la production d’énergie renouvelable) dans le nouveau PLUIH – signature avec opérateur en septembre 2025
  3. Un projet d’installation agrivoltaïque sur une zone d’environ 100 ha – secteur gare de Gignac-Cressensac – promesse de bail signée entre un industriel (non identifié) et plusieurs agriculteurs
  4. Un projet d’installation photovoltaïque portée par Solarvia, sur un délaissé autoroutier de 0,8 ha  propriété de Vinci – au Pech Montat- Projet en cours d’instruction

Lorsque les citoyens ont interpellé le maire, Habib Fenni, pour avoir des informations celui-ci s’est retranché derrière le fait que ce sont des projets privés et que la compétence en matière d’urbanisme revient à la communauté de commune Cauvaldor.  Et pourtant, il avait étroitement collaborée avec la société Photosol (propriété du groupe pétrolier Rubis dont Dassault et Bolloré sont actionnaires), pour la création de la centrale de Sarrazac dont il était maire avant la fusion des deux communes. La situation était la même : un contrat passé entre un industriel de l’énergie et des agriculteurs propriétaires des terres.

Concernant le projets de 46 ha au sud de l’aéroport, le collectif découvre aussi que suite à appel à manifestation d’intérêt, le syndicat mixte qui gère l’aéroport a constitué en janvier 2025 un comité de sélection de l’opérateur d’énergie dont Monsieur Habib Fenni fait partie.

Compte tenu de l’ampleur des projets, le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac a demandé (jusqu’à ce jour sans succès) que la mairie communique publiquement sur le sujet et qu’elle consulte la population avant de se positionner.

L’agriculture paysanne menacée

La loi d’accélération de la production d’énergie renouvelable (APER) a ouvert la porte aux intérêts privés de l’industrie solaire au détriment de l’intérêt général en introduisant l’agrivoltaïsme, cette nouvelle branche de l’agro-industrie. Si les membres du collectif se lèvent contre ces projets, c’est qu’ils y voient non seulement une menace contre la biodiversité et leur cadre de vie mais aussi contre l’autonomie des paysans. En effet, les contrats promettant un « avenir radieux » aux agriculteurs, donnent en fait tout pouvoir aux opérateurs d’énergie (dépendance sur les cultures, sur les choix de production, quasi impossibilité de sortir du contrat…). Cette situation entraîne également une hausse du foncier agricole qui dissuade les jeunes agriculteurs de s’installer. De leur côté, les collectivités en baisse de moyens appuient souvent ces projets car les énergéticiens leur garantissent une rente annuelle. Cressensac n’est pas un cas d’espèce, nombre de départements français sont littéralement pris d’assaut par ces « marchands de soleil ».

Respect du vivant et de la terre nourricière

Le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac plaide pour que les terres agricoles se maintiennent au service d’une agriculture nourricière respectueuse du vivant. La terre est avant tout un bien commun et un titre de propriété engage une responsabilité, celle d’en prendre soin pour les générations futures. Pour l’Office Français de la Biodiversité (OFD) le constat est sans appel: « la création d’un microclimat sous les panneaux en phase d’exploitation a des incidences sur les propriétés des sols. Elles peuvent affecter plusieurs de leurs fonctions écologiques, notamment leur capacité à stocker et à infiltrer l’eau, à héberger de la biodiversité et à séquestrer du carbone ». Pour un chercheur-entomologiste contacté par le collectif : « un champs de panneaux solaires représentent un couloir de biodiversité interrompu de manière irréparable ».

Le collectif citoyen appelle donc au respect des préconisations du Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) qui affirme qu’il n’est pas nécessaire de raser des forêts, d’artificialiser des prairies ou de détruire des zones humides pour implanter des centrales photovoltaïques. D’ailleurs, l’ADEME a recensé un potentiel d’installations photovoltaïques sur des surfaces artificialisées (toitures, parkings, zones d’activité, friches industrielles…) quatre fois supérieur aux objectifs que se fixe l’Etat français pour 2050.

Le collectif rappelle  que cette transition n’a en réalité rien d’écologique car l’essentiel de la production de panneaux est réalisée en Chine à partir d’énergies carbonées (le passage du quartz au silicium monocristallin, constitutif de 40% des panneaux, entraîne la consommation de 11 192,5 Kwh /tonne de produit fini). Il rejette également la vision d’une « transition écologique allant vers une société de surconsommation ultra-connectée » (extrait d’une tribune de 400 organisations ICI).

Du bon sens

Le collectif a débuté le porte-à-porte auprès de la population cressensacoise pour l’informer sur les projets en cours. Les habitants rencontrés ont été surpris de découvrir ces projets et ont exprimé leurs inquiétudes face au sombre tableau. Les membres du collectif ont recueilli beaucoup de propos de bon sens comme ceux-ci: « Nous sommes traversés par l’autoroute A20 et nous avons l’aéroport, avec la multiplication des centrales photovoltaïques notre commune va devenir un territoire sacrifié ! » ou encore « A la campagne, on n’a plus de médecin, plus de service publique alors si en plus on nous détruit notre cadre de vie, nos paysages, qu’est-ce qu’il va nous rester ? ».

Ils ont aussi entendu : « On a déjà la centrale de Sarrazac. Ça suffit ! En ville, on ré-végétalise pour faire baisser la température et ici on industrialise les terres contre le réchauffement climatique, le monde marche sur la tête ! » et enfin « Cette électricité produite, elle est pas consommée ici, elle part dans le réseau et elle profite aux grandes villes très consommatrices. Elles s’éclairent sur le dos de nos campagnes qui semblent ne pas avoir beaucoup de valeur aux yeux de l’État et des industriels « . Ce porte-à-porte a été l’occasion pour bon nombre de gens de rejoindre le collectif.

Un été en résistance, des actions à venir

Pour faire connaître sa lutte, le collectif a participé à la tenue de stands lors de plusieurs événements, à commencer par la Fête des Agités à l’Oasis des âges en Corrèze. Il a ensuite été invité sur le stand d’ATTAC 46 au festival Ecaussystème avant d’être présent à Cénevières à La fête Locale sans Total pour soutenir l’Association Environnementale Lot-Célé (voir notre article sur l’appel à mobilisation de l’AELC du 29/08/2025).

Le collectif a rejoint le Réseau des Résistances et Alternatives Lotoises (RRAL) constitué d’associations et de collectifs indépendants dont l’objectif commun est de s’opposer aux projets destructeurs dans le Lot et de chercher à construire un futur désirable. Le réseau impulse une dynamique d’entraide et de solidarité entre les groupes répartis à travers tout le département.

Stop Agrivoltaïque Cressensac développe aussi son site web en partenariat avec l’association Citoyliens que la plateforme hébergera. Ce site doit permettre au collectif d’informer sur l’évolution des projets auxquels il s’oppose, de communiquer sur ses actions à venir mais également de mettre à disposition des documents ressources sur le photovoltaïque sur sols naturels. Toutes ces initiatives ont permis de faire grossir les rangs du collectif citoyen de Cressensac, fier de compter à ce jour plus de 250 membres sympathisants.

Le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac est partenaire de la projection en avant-première du film « Le Vivant qui se défend » de Vincent Verzat qui sera diffusé le 9 septembre au cinéma REX de Brive et le 16 septembre au VEO de Tulle à 20h (voir notre article précédent). Il interviendra après la projection lors des échanges ave le public.

En partenariat avec ATTAC 46, le collectif organisera également une projection du film au cinéma Le Paris de Souillac le 17 d’octobre à 20h, suivie d’un débat.

Enfin, le collectif citoyen proposera une réunion publique d’information suivie d’un débat démocratique sur les projets de centrales photovoltaïques au sol sur la commune, le 11 octobre à 11 h à la salle des fêtes de Cressensac.

Pour contacter le collectif :

info@stop-agrivolt-cressensac.fr

www.stop-agrivolt-cressensac.fr

 

Appel à mobilisation de l’Association Environnementale Lot-Célé

L’Association Environnementale Lot-Célé (AELC) se mobilise ce dimanche 31 août. Elle organise une grande manifestation au départ de la salle des fêtes de Tour-de-Faure à 11 h pour rejoindre la plage de Saint-Cirq-Lapopie. Cette marche festive sera précédée d’un tractage au rond-point de Tour-de-Faure à 10 h.

Rappelons que depuis plus de deux ans, l’AELC s’oppose au projet industriel de centrale photovoltaïque de TotalEnergies à Tour de Faure, lieu dit Le Carteyrou, imposé contre l’avis défavorable du Parc Naturel Régional des Causses du Quercy, de la MRAE, du Département du Lot, de nombreux élu.es des communes alentours et de la population. A ce jour, le recours sur le permis de construire a été débouté en cassation et le délibéré de la cour de cassation sur le permis de défrichement devrait être rendu courant septembre

A partir du lundi 1er septembre, l’AELC va poursuivre son action par une présence marquée au bord de la route qui mène au site convoité par Total (au croisement de la D662, route des places, direction Cahors avant le tunnel).

Défrichement imminent 

Légalement, le défrichement de 20 ha de bois et de pelouses sèches peut commencer au 1er septembre 2025 malgré les recours en justice qui ne sont pas suspensifs. L’AELC avec le soutien de la Ligue pour la Protection des Oiseaux en Occitanie, la Société Herpétologique de France et Nature en Occitanie, a déposé une injonction vers la Préfète du Lot pour qu’elle exige de TotalEnergies le dépôt d’une demande de dérogation espèces protégées.

L’AELC exige de l’État la suspension de tous travaux de réalisation du projet dans l’attente de la régularisation du dossier, ainsi qu’un rendez-vous avec la Préfète avant le 28 septembre, date d’échéance du délai imparti pour la réponse à ladite injonction.

Relais scientifique et médiatique

L’association rajoute : « Le mois d’août 2025 vient de rappeler à tous à quel point l’ombre des arbres est essentielle. Il faudrait en couper pour faire de l’énergie verte ? Non, c’est non ! L’association, consciente d’une nécessaire transition énergétique, préconise l’utilisation d’espaces déjà artificialisés, la création de petits parcs citoyens, les toitures pour l’installation de panneaux. Le photovoltaïque c’est  »Sur les toits, pas dans les bois ». »

Ces propos de bon sens expliquent le nombre important des adhérents de l’association et ses soutiens scientifiques, médiatiques (au plan national) et politiques dont 13 communes voisines du site menacé et le . Enfin, cette démarche est largement soutenue par le Parc naturel régional des Causses du Quercy depuis le début de la lutte en 2023.

Pour exprimer ses revendications et porter sa voix, l’AELC appelle toutes les citoyennes et citoyens à :
LA MANIFESTATION POUR LE VIVANT
Le 31 août 2025 à 11h
RDV à la Salle des Fêtes de TOUR-DE-FAURE

Plus d’informations sur le site de l’AELC: https://solairelot.fr/