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Quels mots choisir pour évoquer notre temps et ses perspectives ?
Toutes les époques ont leurs marques « d’étrangeté » qui interrogent leurs contemporains. La nôtre a la particularité d’entretenir la sidération car nous assistons au renversement des valeurs et à l’épuisement sémantique du langage. Face à un monde ultra-complexe, les raccourcis sont référence et la réaction prime sur la réflexion.
Faire une pause s’impose ! S’extraire du brouhaha incessant qui envahit notre quotidien, parasite notre pensée et, renouer avec notre capacité à rêver. Car pour créer un monde différent, il faut déjà l’imaginer. Et c’est ensemble, en construisant de nouvelles solidarités que nous seront plus forts pour inventer les nouveaux récits du futur. Refaire lien entre tous les vivants et continuer de croire au possible de faire émerger le récit d’un avenir désirable !
Au nom de tous les membres de l’association Gignac Ensemble, je vous souhaite de résister aux spirales négatives de notre époque, de ne jamais renoncer à vos désirs de luttes joyeuses et fécondes !
Je vous souhaite une formidable année 2026 !
Caroline Erhardt
En ce début d’année, ATTAC 46 reprend sa programmation mensuelle de ciné-débat avec, le vendredi 16 janvier à 20h, la projection du film TERLA TA NOU (Cette terre nous appartient) de Cécile Laveissière et Jean-Marie Pernelle, projection suivie d’une rencontre avec la réalisatrice et le réalisateur.
Synospsis : En France, les Gilets jaunes ont quitté les rond-points, à La Réunion, une convergence appelée « QG Zazalé » tient toujours. Située au Tampon, au Sud de l’île, elle est composée d’une communauté de militants et de militantes.
Sur le rond-point, encerclés par le flux incessant des voitures, au milieu des plantations et des animaux, ils débattent d’écologie, de la question décoloniale et agissent pour la souveraineté et l’autonomie alimentaire.
Petit à petit cette expérimentation d’un nouveau monde, subversive et politique, prend de l’ampleur et questionne les enjeux sociaux et d’accès à la terre.

Cécile Laveissière et Jean-Marie Pernelle, réalisateur-rices lotois, nous parlent de leur intention :
« Le désir du film est né d’une rencontre avec un lieu insolite, symbolique, et avec le collectif que forment ses occupants, le QG zazalé.
La dimension politique du projet, qui s’accompagne de nombreuses actions de solidarité sociale, nous a frappés par son audace. Elle s’inscrit pleinement dans les mouvements post-coloniaux en Afrique et aux Antilles, et dans l’émergence des études décoloniales dans le débat actuel.
Notre intention est de documenter, sans prétention, cette expérience historique à La Réunion. Ce qui nous intéresse c’est de comprendre en quoi cette alternative fonctionne, même située à petite échelle dans un rond-point, quelle place notre société laisse à un tel projet, et quelles sont les oppositions et les résistances qu’ils rencontrent. »
Pour en savoir plus et visionner la bande annonce, c’est ICI

RTE France (Gestionnaire du réseau de transport d’électricité) rendait son rapport 2025 et son bilan prévisionnel le 9 décembre 2025. Le lendemain la Fédération Environnement Durable titrait un communiqué de presse : « DIX ANS DE MENSONGES : RTE RECONNAÎT ENFIN L’IMPASSE ÉNERGÉTIQUE FRANÇAISE. »
RTE vient de reconnaître l’échec de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3). Dix ans de prévisions erronées et surévaluées, des milliards d’euros gaspillés et de projets inutiles: la France produit aujourd’hui 20 % d’électricité en trop ! La consommation d’électricité est loin d’avoir explosée comme prévu. Elle stagne à un niveau inférieur à celui d’avant la crise du Covid alors que les capacités de production n’ont eu de cesse d’augmenter.
Quelles conséquences ce système absurde et coûteux aura pour les usagers, les finances publiques et l’environnement ? Qui paiera pour cette gabegie ?
Alors que les réseaux électriques locaux sont déjà saturés et que les ménages accusent une hausse continue des factures pour financer un système inefficace, la France se retrouve aujourd’hui avec un système électrique surdimensionné, instable et ruineux. Le développement incontrôlé des ENR et leur fonctionnement intermittent fragilisent les centrales nucléaires mises à mal par une modulation excessive. La construction de gigantesques réseaux électriques inutiles a un coût pharaonique tandis que des milliards d’euros de subventions publiques sont engloutis pour produire un surplus d’électricité intermittente que personne ne consomme.
« La France ne manque pas d’électricité, mais de cohérence. On paie pour produire, puis on paie pour ne pas consommer ! » d’après la Fédération Environnement Durable.
Que cachent les prix négatifs ?
Le dernier rapport de la Fondation Concorde (think tank indépendant) confirme point par point cette analyse:
Le rapport montre que le développement des ENR n’a pas été pensé uniquement comme un moyen de décarboner les usages de l’énergie: « Face au mur des réalités, le « à la place du nucléaire » est devenu le « en plus du nucléaire » ».
Ce constat ne fait que confirmer les travaux de l’historien des techniques, Jean-Baptiste Fressoz* qui montrent que l’histoire de l’énergie n’est pas celle de transitions mais celle d’addition de sources d’énergie.
Les pics de production des énergies intermittentes (comme le solaire en milieu de journée, surtout au printemps et à l’automne) font chuter les prix sur les marchés de gros pendant ces périodes de production au point de parfois devenir négatifs.
Ces prix négatifs pèsent fortement sur le coût budgétaire pour l’Etat. Pour les éviter, la CRE (Commission de Régulation de l’Énergie) a mis en place des primes de prix négatifs, qui indemnisent les producteurs pour ne pas produire.
Quel paradoxe ! Un dispositif qui, d’un côté, subventionne pour produire et, de l’autre, indemnise pour ne pas produire !
L’alerte de la CFE CGC, première force syndicale au sein d’EDF
Dans un courrier officiel au ministre de l’Industrie et de l’Énergie, Roland Lescure, du 23 décembre 2025 , la CFE CGC alerte sur les risques majeurs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3).
Cette lettre particulièrement argumentée dénonce une PPE3 établie sur des hypothèses obsolètes, souligne le risque de déséquilibre du réseau par surproduction électrique, les surcoûts sur le long terme pour les finances publiques et les consommateurs, ainsi qu’une fragilisation inquiétante du parc nucléaire français. En effet, l’intensification de la modulation du parc nucléaire évoquée par RTE serait contraire à la prolongation de sa durée de vie. EDF a été établi un rapport à ce sujet mais il semble que le gouvernement en bloque la publication car elle signerait l’arrêt de mort de la PPE3.
Le syndicat alerte aussi sur le développement effréné des interconnexions, soutenu par la Commission européenne, qui permettent aux pays excédentaires d’exporter leur production photovoltaïque, exposant ainsi le réseau français à des « importations massives d’intermittence ». A la clé de ces importations: une déstabilisation économique et technique majeure du système électrique français.
En s’appuyant sur les alertes de RTE, de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) et sur le retour d’expérience du black-out ibérique d’avril 2025, le syndicat demande un ralentissement du développement des énergies renouvelables intermittentes, en particulier du photovoltaïque, et une révision urgente des trajectoires prévues par la PPE3. Il appelle le ministre à définir une trajectoire réaliste de développement des énergies renouvelables.
La surconsommation pour absorber la surproduction
Parmi les scénarios proposés pour sortir de cette impasse, RTE préconise celui dit de « décarbonation rapide » qui propose d’accélérer sur l’électrification des usages (voiture électrique, sites industriels, datacenters…) pour absorber la surproduction tout en baissant les émissions de CO2.
C’est sans en mesurer les conséquences: l’extractivisme (avec ses impacts sur l’environnement, les droits humains, les équilibres géopolitiques…), une société toujours plus numérisée et le développement incontrôlé de l’IA (qui réduit nos capacités cognitives et nuit à notre pensée), l’accaparement des terres naturelles par les multinationales de l’énergie (portant atteinte à la biodiversité, aux paysages et à la souveraineté alimentaire)…
Une sobriété désirable
Pourquoi ne pas partir de nos réels besoins en énergie pour planifier la production énergétique ? Une conjecture qui ne peut ignorer la logique de profit qui crée sans cesse de nouveaux besoins, nous incite à consommer toujours davantage. Nous baignons dans un environnement où consommation d’énergie superflue et surconsommation vont de pair.
Or, les limites planétaires nous imposent de revoir nos modèles de production et de consommation. C’est pourquoi la sobriété représente un levier essentiel dans la transition énergétique et environnementale. Cependant, elle est toujours reléguée au dernier plan dans les stratégies de décarbonation.
En visant à réduire notre consommation d’énergie et de biens matériels par un changement en profondeur de nos comportements et de nos modes de vie individuels et collectifs, la sobriété remet en question les normes sociales qui structurent nos habitudes de consommation. Pour l’association Négawatt et le Shift Project la sobriété n’a rien de punitif. Au contraire, elle présente de nombreux cobénéfices. Elle induit le partage des ressources et va de pair avec la solidarité et le bien-être partagé. Elle ouvre sur la perspective d’un modèle de société tout à fait désirable.
Pour lire l’intégralité du rapport de la fondation Concorde, c’est ICI
Pour les plus courageux, voici la synthèse du dernier bilan prévisionnel RTE ICI
Le vendredi 26 janvier à 20h30 au cinéma l’Atelier à Gramat
Un film-enquête époustouflant, poignant, en présence de sa réalisatrice Anna Recalde Miranda, italo-paraguayenne. Sortie en 2025, ce film a été tourné au Brésil et au Paraguay.
La frontière entre le Paraguay et le Brésil est devenue un désert vert. C’est le lieu d’origine de la république du soja, le berceau de l’agro-industrie mondiale. L’horizon est une ligne sans fin qui unit le passé et le présent. Un passé dicté par la violence politique de l’opération Condor et un présent marqué par les assassinats des défenseurs de la terre.

Ce documentaire permet de comprendre les racines de la violence subie aujourd’hui par les peuples autochtones et les militants environnementaux opposés aux ravages de l’agro-industrie du soja. En explorant l’histoire récente des dictatures sud-américaines et de l’opération Condor impulsée par les États-Unis pendant la Guerre froide, la réalisatrice trace les liens entre le passé marqué par les tortures et les assassinats des subversifs et l’actuelle crise écologique et climatique. 2025 est l’année du 50 anniversaire de la création de l’Opération Condor, et son découvreur, Martin Almada (avocat torturé pendant la dictature, décédé en mars 2024) est l’un des personnages principaux du film.
Les négociations actuelles entre l’Europe et le Mercosur soulèvent de sérieuses objections quant aux impacts sur l’environnement, le climat et la justice sociale…
Cette soirée est coorganisée par la Confédération paysanne du Lot et l’association Vigilance OGM 46.
Vous pouvez visionner la bande annonce, ICI

La région Occitanie lance un appel à contributions pour associer la population à l’élaboration d’un Pacte de Souveraineté Alimentaire. Cette consultation sera ouverte jusqu’à la fin janvier.
Cet appel à contributions s’adresse à de nombreux acteurs (agriculteurs, organisations professionnelles agricoles, entreprises agro-alimentaires, collectivités, associations, chercheurs…) mais également aux citoyens. Le but de ces contributions est de « permettre d’identifier les freins à lever et les leviers à actionner pour assurer une meilleure souveraineté alimentaire en Occitanie, c’est-à-dire pour mieux produire et nourrir sainement une population en constante augmentation ».
Les propositions recueillies seront prises en compte dans le cadre de l’élaboration du Pacte régional.
Alors que l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, qui doit être signé le 17 janvier, va profiter avant tout à l’agronégoce brésilien, ne faisant qu’accentuer la déforestation et les pesticides, au détriment des petits agriculteurs, produire et consommer localement s’imposent.
« Dans un monde instable, nous ne pouvons pas accepter de dépendre des importations pendant que nos agriculteurs peinent à vivre de leur travail. C’est pourquoi l’Occitanie fait le choix d’une agriculture forte, productive et durable, qui nourrit sa population et fait vivre ses territoires. C’est tout le sens de notre futur pacte régional : redonner de la valeur au travail agricole et garantir à chaque citoyen une alimentation saine et de qualité. J’invite tous ceux qui veulent reprendre la main sur notre avenir alimentaire à s’engager dans cette construction collective. » a déclaré la présidente de la Région Occitanie Carole Delga.
On ne peut que se réjouir de cette ambition de reconquête de notre souveraineté alimentaire dans notre région et du fait que les citoyens aient droit de cité sur ce qu’il faudrait mettre en œuvre pour y parvenir. Puisque l’occasion nous ait donnée de nous exprimer sur ce que nous souhaitons mettre dans notre assiette et sur l’avenir de l’agriculture sur notre territoire alors pourquoi ne pas nous en saisir ?
Reste à savoir si notre avis sera réellement pris en compte et si les velléités de ce Pacte Régional résisteront à la logique de marché et au multilatéralisme économique ?
Pour accéder au communiqué de presse de la région, c’est ICI
Pour accéder au formulaire de contribution, c’est ICI

Pourquoi la Confédération Paysanne du Lot se mobilise-t-elle ?
Le département du Lot est confronté à une multiplication de méga-projets photovoltaïques sur sols naturels (plus de 60). La Confédération paysanne dénonce le détournement des terres naturelles, agricoles et forestières par les multinationales de l’énergie au détriment de l’autonomie paysanne, de la souveraineté alimentaire et de la biodiversité. Des collectifs citoyens de plus en plus nombreux se constituent pour s’opposer localement à ces projets qui menacent l’environnement et le cadre de vie.
Un appel pour financer des recours juridiques
La Confédération Paysanne du Lot a donc décidé de porter des recours juridiques contre tous les documents qui porteraient atteinte aux terres naturelles, agricoles et forestières. Elle fait un appel à dons pour l’aider à financer deux recours en cours : l’un contre le PLUI-H de la communauté de communes CAUVALDOR et l’autre contre le Document-cadre établi par la chambre d’agriculture du Lot.
Pour le Causse, Pour la Cause !
Stoppons l’accaparement des terres agricoles, naturelles et forestières par l’industrie photovoltaïque !
Soutenez les recours juridiques de la Confédération Paysanne du Lot

Défendre la paysannerie et des territoires vivants
Nous assistons à l’accélération des projets de centrales photovoltaïques industrielles au sol sur les espaces naturels partout en France.
En s’accaparant nos terres agricoles, naturelles et forestières, les multinationales de l’énergie fragilisent encore davantage l’agriculture paysanne, détruisent la biodiversité et la beauté de nos paysages pour satisfaire leur appât du gain.
Cet accaparement des terres est encouragé par le gouvernement, à travers la loi APER et le Décret n° 2024-318 du 8 avril 2024 relatif au développement de l’agrivoltaïsme, sous l’influence des lobbies du pétrole et de l’agriculture, et par certaines collectivités locales. En effet, ces projets sont quasiment tous portés par des filiales contrôlées à 100 % par les multinationales de l’extraction fossile comme TOTAL, ENI ou RUBIS qui consolident leur bilan carbone pour pouvoir continuer à développer l’extraction d’énergies fossiles.
Ce n’est pas le mirage énergétique qui permettra de pallier à la faiblesse des prix agricoles, de redonner du sens au métier de paysan et l’envie aux nouvelles générations de travailler en agriculture.
Où et comment contribuer ?
Vous pouvez participer à la cagnotte en faisant un don aux Amis de la Confédération Paysanne sur helloasso
ou par chèque : libellé à l’ordre des Ami.e.s de la Confédération paysanne, inscrire au dos “Soutien Conf’ 46 – stop au PV” et envoyer aux Ami.es de la Confédération paysanne, 104 rue Robespierre, 93170 BAGNOLET
Les dons sont déductibles à 66% de l’impôt sur le revenu dans la limite de 20% du revenu imposable.
A savoir: Chaque recours nécessite au minimum 3000 € en première instance et autant pour aller en appel ou en cassation. Si nous récoltons plus de dons que les actions en cours, nous pourrons nous en servir pour constituer une cagnotte en prévision de prochains recours sur d’autres PLUI et sur des permis de construire.
Pour des paysannes et des paysans nombreuses et nombreux, pour des territoires vivants, soutenez nous financièrement !
Pour en savoir plus sur le document-cadre et le PLUIH :
Le document-cadre établit un ensemble de parcelles qui ont été recensées par les chambres d’agricultures sur des critères définis par la loi d’accélération de production d’énergies renouvelables : terres dites « incultes » ou non exploitées depuis plus de 10 ans. Or, selon la Confédération paysanne du Lot, après examen détaillé, aucune des parcelles retenues dans le document-cadre du Lot ne répond à la définition de terres incultes mais sont des zones naturelles (jardins, vergers…), des espaces végétalisés (boisés ou en cours de reboisement)… De plus, aux 12 parcelles proposées par la chambre d’agriculture, 39 ont été rajoutées sans information et sans consultation des membres de la CDPENAF, commission chargée de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers.
La Confédération Paysanne demande également que « toutes les surfaces incluses dans le document-cadre au titre de leur non exploitation fasse l’objet au préalable d’une procédure de mise en valeur des terres incultes prévue par le code rural ». Pour ce faire la Préfecture doit procéder à une publicité destinée à faire connaître aux bénéficiaires éventuels, la faculté qui leur est offerte de demander une autorisation d’exploiter ces surfaces.
Dans le département du Lot, la révision des Plans Locaux d’Urbanisme permet aux communautés de communes d’introduire des zones Ner, zones naturelles définies pour accueillir de la production d’énergies renouvelables. Dans la communauté de commune CAUVALDOR frontalière de la Corrèze, 22 zones ont été ainsi classées, soit 717 hectares. Or, il s’avère que ce PLUIH a reçu un avis très défavorables de la MRAe (Mission régionale d’autorité environnementale) car aucune étude d’impact n’a été effectuée dans le cadre de la planification énergétique.
Pour plus d’infos, rendez-vous sur le site internet de La Confédération Paysanne du Lot !
MERCI DE VOTRE SOUTIEN, POUR LE CAUSSE, POUR LA CAUSE !
